Télétravail : la CFDT du groupe EBRA signe l’accord « Vivre ensemble au sein de l’entreprise »

La CFDT du groupe EBRA a signé, jeudi 2 décembre, l’accord “Vivre ensemble au sein de l’entreprise” car il comporte des avantages importants pour l’ensemble des salariés, dont :

  • Deux jours de télétravail par semaine, avec engagement de la direction de fournir le matériel nécessaire, y compris un fauteuil ergonomique ;
  • La mise en place d’une trentaine d’indicateurs de qualité de la vie au travail (QVT), comme le nombre d’arrêts-maladie ou le turn-over des effectifs, surveillés par un comité de suivi et appliqués dans chaque entité du groupe ;
  • Une aide (rétroactive sur trois ans) de 200€ pour l’achat d’un vélo utilisé dans le cadre du travail ;
  • Deux jours de congés rémunérés supplémentaires par mois pour les salariés en situation d’aidant (auprès d’un proche handicapé, par exemple) ;
  • L’allongement du congé maternité à 19 semaines pour les premier et deuxième enfants, 30 semaines pour les troisième et suivants…

La CFDT voulait ajouter à cette liste (non exhaustive) le versement d’une somme à tous les salariés du Groupe EBRA, pratiquant ou non le télétravail ; somme qui aurait permis de redistribuer une partie des gains de productivité générés par le télétravail.

Malgré les nombreuses études produites à l’appui de cette proposition (dont une récente menée par la Banque de France), la direction d’EBRA a campé sur une position dogmatique de refus.

La CFDT a cependant estimé que les avantages apportés par l’accord valaient bien une signature.

Elle poursuivra son action pour l’amélioration des conditions de travail dans le cadre du comité de suivi de la mise en oeuvre de cet accord.

20 Minutes : des faits de « harcèlement » et « discrimination » d’un salarié handicapé retenus par l’inspection du travail

Ce lundi 6 décembre 2021, la plainte déposée par un journaliste de 20 Minutes pour « harcèlement » et « discrimination » sera examinée par le Conseil des Prudhommes.

Soutenu par les syndicats SNJ-CGT et SNME-CFDT, il espère que justice lui sera rendue.

Après enquête, l’Inspection du travail a rendu, à la mi-novembre, des conclusions sévères à l’encontre de la direction de 20 Minutes indiquent le SNJ-CGT et le SNME-CFDT dans un communiqué commun :

« Le SNJ-CGT et le SNME-CFDT sont soulagés que le grave préjudice subi par ce salarié soit enfin reconnu. Cette enquête corrobore en tous points ce que les deux syndicats avaient dénoncé dans un communiqué publié en septembre 2020, titré « Quand 20 Minutes s’acharne contre un salarié handicapé ».

Embauché en CDD en octobre 2016 puis en CDI en février 2017, ce journaliste rédacteur, reporteur au sein du « service participatif », a été reconnu travailleur handicapé en novembre 2019, après un grave problème de santé survenu en mars 2017, qui lui cause un important état de fatigue.

A de nombreuses reprises en 2019 et 2020, la médecine du travail a préconisé la mise en place d’un temps partiel thérapeutique et d’une part de télétravail. L’inspection du travail souligne que, « de manière répétée », « ces préconisations n’ont pas été mises en œuvre ».

L’enquête pointe également « l’insuffisance des formations proposées [au salarié] pour lui permettre de revenir à son poste après plus d’un an d’absence » et plus généralement l’inexistence de « mesures appropriées » pour lui permettre de « reprendre et être maintenu à son poste ».

« Au vu de ses arrêts de travail et de leurs renouvellements, il est établi que l’état de santé de Monsieur [X] s’est altéré au fil du temps », précisent les conclusions.

Plus grave : les « alertes », pourtant adressées par le journaliste « à plusieurs reprises [aux] personnes appropriées sur sa situation de souffrance au travail […] n’ont pas été suivies d’effet ». De même, « la procédure d’alerte pour atteinte à la santé physique et mentale », lancée en mars 2020 par un élu SNJ-CGT du CSE, « n’a pas été diligentée sans délai puisqu’elle a débuté le 6 mai 2020 ».

Tout aussi désolant, malgré les actions réitérées des délégués syndicaux SNJ-CGT et SNME-CFDT de 20 Minutes pour résoudre la situation, la direction de la société est non seulement restée sourde à leurs demandes mais a persisté à s’acharner contre ce journaliste.

Dernier grief listé par l’inspection du travail : le salarié avait raison d’estimer que la mission qui lui a été confiée – et qu’il a remplie – de novembre 2019 à février 2020 constituait une « déqualification professionnelle ».

L’épilogue du courrier s’impose donc de lui-même :

« Il ressort de l’enquête menée, sous réserve de l’appréciation des tribunaux, que les infractions de harcèlement moral et de discrimination sont susceptibles d’avoir été commises ».

L’inspection du travail a par ailleurs précisé au salarié qu’un procès-verbal est en cours de rédaction, soulignant que « l’infraction de harcèlement moral liée à un motif discriminatoire, à savoir l’état de santé et le handicap, a été commise à son égard ». Des poursuites pénales ne sont donc pas à écarter.

Au Monde, la CFDT demande un 14e mois exceptionnel pour saluer l’investissement des salariés

Les résultats du journal « Le Monde » exceptionnels en août, toujours en avance sur le budget révisé en septembre, sont le fruit de l’investissement de tous les salariés.
Depuis bientôt deux ans, sur tous les métiers de la SEM qu’ils soient journalistes, cadres ou employés/ouvriers, les salariés ont donné leur maximum malgré les contraintes organisationnelles liées au Covid. Et les abonnements ont suivi : 18 % de hausse sur un an, avec un portefeuille de 475 000 abonnements papiers et numériques. 
Le « net redémarrage » et le « retour des annonceurs », soulignés par Jérôme Fenoglio en septembre, ont été confirmés par Louis Dreyfus au CSE d’octobre avec une « reprise des investissements publicitaires » en hausse de 22 % entre août et septembre pour la marque Le Monde« La fin d’année sera positive », a-t-il annoncé.
Après les félicitations d’usage sur le bel investissement des équipes, l’heure est venue de reconnaître les efforts collectifs et individuels par l’action : la CFDT demande le versement d’un quatorzième mois exceptionnel pour saluer l’excellence du travail et de l’implication durant toute la crise sanitaire.
La reconnaissance de la qualité du collectif de travail s’exprime par la redistribution.

Presse magazine et presse hebdomadaire régionale : des augmentations de salaire bien modestes

Alors que le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure pour les Français, les salariés de la presse écrite vont devoir rester au régime sec. Deux NAO (négociation annuelle obligatoire) ont en effet abouti à de modestes augmentations, en presse magazine et en presse hebdomadaire régionale.

+1% en presse magazine

En presse magazine, l’accord signé par la majorité des syndicats (hors Force Ouvrière) porte sur 1% de revalorisation des salaires pour les ouvriers et employés, journalistes et cadres.

Un effort insuffisant, alors que les organisations syndicales demandaient un coup de pouce de 2% pour cette branche, mais qui aboutit grâce à l’espoir d’une reprise de dialogue avec les employeurs après des années de silence.

Outre ces 1% d’augmentation, l’accord convient en effet de prochains rendez-vous pour :

  • réexaminer le projet d’accord relatif à l’intéressement aux résultats et performances des entreprises dans le secteur de la presse magazine déjà proposé par le SEPM ;
  • discuter d’autres sujets d’actualité tel que l’égalité femmes / hommes et le forfait jour ;
  • débuter la prochaine NAO au plus tard en mars 2022 ;
  • inviter les organisations syndicales au moins une fois l’an pour échanger sur les initiatives de la branche en matière de transition écologique ;
  • examiner l’opportunité d’une réorganisation des classifications.

En signant ce protocole d’accord, les organisations syndicales actent donc la reprise du dialogue et font un pari sur l’avenir

+1,6 en PHR, mais en deux temps

En ce qui concerne la FPPR (hebdomadaires régionaux), l’accord signé par l’ensemble des organisations syndicales porte sur des augmentations de +1,3% au 1er novembre 2021 et +0,3% au 1er février 2022, avec une clause de revoyure en avril 2022.

Ces augmentations portent sur les salaires réels des journalistes, cadres et employés, base plus complément personnel. Il est aussi demandé l’extension de l’accord à l’ensemble des hebdomadaires régionaux, qu’ils soient ou non adhérents au SPHR.

Pour rattraper la perte de pouvoir d’achat des salariés de cette branche, où les salaires restent modestes, les organisations syndicales demandaient une revalorisation de 3,5 à 4 %. Côté CFDT, la demande portait aussi sur la révision des classifications, alors que les métiers ont évolué et que les grilles sont très vite rattrapées (et dépassées) par le SMPG (salaire minimum professionnel garanti, de SMIC + 5%). Cette demande, une nouvelle fois, n’a pas été entendue…