Arrêts maladie et maternité : la discrimination envers les pigistes en passe d’être levée

Communiqué du 7 octobre 2020

La CFDT-journalistes et la F3C CFDT (Fédération Communication conseil culture) se réjouissent de l’imminence de la publication d’un arrêté qui va permettre de niveler les conditions d’accès des journalistes pigistes aux indemnités journalières de congé maladie, maternité et paternité sur l’ensemble des salariés, de même que les pensions d’invalidité.

En effet, parce qu’ils/elles sont rémunéré.e.s au travail rendu, les journalistes pigistes ne pouvaient jusqu’ici justifier d’un nombre d’heures travaillées et se voyaient donc, jusqu’à présent, appliquer une autre règle de calcul. Or celle-ci leur imposait, pour avoir droit aux indemnités journalières, d’avoir cotisé sur un salaire d’au moins 20 360 € sur un an soit 3,4 fois plus que les autres salariés rémunérés au Smic.

Cet arrêté est le fruit d’une concertation intense de plus de deux ans entre la direction de la Sécurité sociale du ministère de la santé et du Comité paritaire de pilotage du régime de prévoyance et de frais de soins de santé des journalistes rémunérés à la pige géré par Audiens, dont la F3C CFDT est membre. 

Sa parution a été annoncée pour la mi-octobre par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot lors des Assises du journalisme de Tours la semaine dernière. Le Commission de réglementation de la Caisse nationale d’assurance maladie a rendu un avis favorable ce mardi 6 octobre. La publication de l’arrêté au Journal officiel est donc désormais très proche.

La CFDT-journalistes et la F3C CFDT saluent les femmes pigistes, dont plusieurs adhérentes CFDT, qui ont porté ce combat devant la justice. A défaut d’avoir pu obtenir gain de cause pour elles-mêmes, leurs démarches courageuses ont abouti à une reconnaissance par le Défenseur des droits d’une discrimination qui a rendu inéluctable la modification des règles de calculs. Isabelle Jarjaille, privée de ses indemnités maternité en 2016, à la naissance de son deuxième enfant, témoigne : « La CPAM, devant la Cour d’appel de Rennes, le 30 septembre 2020, a encore maintenu son refus d’indemniser mon congé maternité, évoquant l’impossibilité d’équivalence entre ma rémunération, en tant que pigiste, et un nombre d’heures travaillées ». Une équivalence pourtant retenue dans l’arrêté à paraître. 

Une fois l’arrêté paru, la CFDT-journalistes l’analysera de manière complète, continuera à assister les pigistes dans leurs démarches pour faire valoir leurs droits aux indemnités journalières. Elle sera extrêmement vigilante aux conditions d’application de l’arrêté, afin que les caisses primaires n’en livrent pas une interprétation restrictive.

Contacts : 

Les actualités

  • Communiqué. Le journaliste syrien Hussam Hammoud doit être protégé

    Le journaliste syrien Hussam Hammoud a appris lundi que sa demande de visa humanitaire avait été refusée par la France. Il travaille sur des sujets cruciaux, comme le terrorisme pour plusieurs médias français. Sa vie est aujourd’hui menacée en Turquie et en Syrie. Syndicats et sociétés de journalistes attendent que les autorités reviennent sur leur…

  • Faites passer cette vidéo de personnalités et d’anonymes pour la libération d’Olivier Dubois !

    Au 500ème jour de captivité de notre confrère journaliste pigiste Olivier Dubois, correspondant au Mali de Libération, le Point Afrique et Jeune Afrique, la CFDT-Journalistes participe à une vidéo d’une trentaine d’acteurs de la profession, de militants des droits et des proches d’Olivier, pour demander sa libération. Que cet appel soit entendu par tous ceux…

  • 500 jours de captivité d’Olivier Dubois : lettre intersyndicale à Catherine Colonna

    Notre confrère Olivier Dubois est otage au Mali depuis presque 500 jours. La CFDT-Journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT et le SGJ-FO ont écrit conjointement ce jour à la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna pour demander que tous les efforts soient faits pour sa libération. Communiqué à télécharger   A l’attention de Mme Catherine COLONNA…

  • Couvrir la guerre (1) : « C’était la première fois que j’étais pris sous le feu des bombes »

    Grand reporter à France 24 et journaliste depuis seize ans, Tarek Kai, 40 ans, a effectué deux reportages en février et en avril derniers pour raconter la guerre en Ukraine. Il explique combien les témoignages de ceux qui fuyaient les combats l’ont marqué et combien la préparation et les règles de sécurité sont essentielles pour…

  • Couvrir la guerre (3) : « A Moscou, le couperet peut tomber »

    Travailler comme journaliste en Russie s’est encore complexifié depuis le début de la guerre en Ukraine. Pour les journalistes Russes, mais aussi pour les journalistes du monde entier correspondants en Russie pour les médias de leurs pays. Benjamin Quénelle, français, correspondant à la pige des quotidiens  nationaux français La Croix et Les Echos, raconte sa position…