Valeurs Actuelles perd son procès bâillon contre le CDJM

Communiqué du Conseil de déontologie journalistique et de médiation, dont est membre fondateur la CFDT-Journalistes

 

Le Tribunal judiciaire a débouté Valeurs actuelles et a donné raison au Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM). C’est un succès majeur pour la liberté d’expression et le droit de chaque citoyen à une information de qualité.

Valeurs actuelles, accompagné dans cette procédure par le Syndicat des éditeurs de presse magazine (SEPM), avait pris la responsabilité d’assigner le CDJM en référé afin de censurer notre avis et d’exiger des dommages et intérêts au motif qu’un des avis du CDJM aurait porté « atteinte à la présomption d’innocence » de son directeur de la publication. Valeurs actuelles est débouté et condamné à verser 2 000 euros au CDJM.

Rappelons brièvement les faits. A la suite de saisine d’un lecteur, choqué par un article de Valeurs actuelles dans lequel la députée Danièle Obono était représentée en esclave, enchaînée, fer au cou, le CDJM avait considéré que cet article n’était pas conforme à la déontologie du journalisme.

Pas d’interférence avec la procédure pénale

L’hebdomadaire, visé par ailleurs par une enquête préliminaire pour « injure à caractère raciste » du parquet de Paris et par une plainte déposée par la députée Danièle Obono, estimait que l’avis du CDJM interférait dans une procédure pénale.

Le tribunal a considéré que le CDJM se plaçait sur le seul plan de la déontologie journalistique et ne se prononçait pas sur une procédure pénale. Le CDJM se réjouit de cette décision qui affirme clairement la différence entre ce qui relève de l’éthique journalistique et ce qui relève du droit pénal.

Le CDJM, association tripartite composée de journalistes, d’éditeurs et agences de presse et de représentants du public, est confortée dans son rôle de dialogue et de réflexion sur les questions de déontologie journalistique.

Saisie depuis sa création en décembre 2019 à plus de 400 reprises, le CDJM répond à une attente du public et a la conviction qu’il peut contribuer à restaurer la confiance entre les médias, les journalistes et les citoyens.

Fort de cette clarification, le CDJM invite l’ensemble des médias, journalistes et des citoyens à le rejoindre, pour amplifier son action au service de la déontologie et de la qualité de l’information.

Pour le CDJM, le président, Patrick Eveno

cdjm.org / contact@cdjm.org

Paris, Le 11 mars 2021

Lire le précédent communiqué du 29 janvier 2021,Déontologie journalistique : « Valeurs actuelles » allergique à la critique

Adhérer au CDJM ici pour contribuer à amplifier son action

Les actualités

  • Communiqué. Le journaliste syrien Hussam Hammoud doit être protégé

    Le journaliste syrien Hussam Hammoud a appris lundi que sa demande de visa humanitaire avait été refusée par la France. Il travaille sur des sujets cruciaux, comme le terrorisme pour plusieurs médias français. Sa vie est aujourd’hui menacée en Turquie et en Syrie. Syndicats et sociétés de journalistes attendent que les autorités reviennent sur leur…

  • Faites passer cette vidéo de personnalités et d’anonymes pour la libération d’Olivier Dubois !

    Au 500ème jour de captivité de notre confrère journaliste pigiste Olivier Dubois, correspondant au Mali de Libération, le Point Afrique et Jeune Afrique, la CFDT-Journalistes participe à une vidéo d’une trentaine d’acteurs de la profession, de militants des droits et des proches d’Olivier, pour demander sa libération. Que cet appel soit entendu par tous ceux…

  • 500 jours de captivité d’Olivier Dubois : lettre intersyndicale à Catherine Colonna

    Notre confrère Olivier Dubois est otage au Mali depuis presque 500 jours. La CFDT-Journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT et le SGJ-FO ont écrit conjointement ce jour à la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna pour demander que tous les efforts soient faits pour sa libération. Communiqué à télécharger   A l’attention de Mme Catherine COLONNA…

  • Couvrir la guerre (1) : « C’était la première fois que j’étais pris sous le feu des bombes »

    Grand reporter à France 24 et journaliste depuis seize ans, Tarek Kai, 40 ans, a effectué deux reportages en février et en avril derniers pour raconter la guerre en Ukraine. Il explique combien les témoignages de ceux qui fuyaient les combats l’ont marqué et combien la préparation et les règles de sécurité sont essentielles pour…

  • Couvrir la guerre (3) : « A Moscou, le couperet peut tomber »

    Travailler comme journaliste en Russie s’est encore complexifié depuis le début de la guerre en Ukraine. Pour les journalistes Russes, mais aussi pour les journalistes du monde entier correspondants en Russie pour les médias de leurs pays. Benjamin Quénelle, français, correspondant à la pige des quotidiens  nationaux français La Croix et Les Echos, raconte sa position…