Le journaliste afghan Elyaas Ehsas enfin reconnu « réfugié » en France !

Sept ans après avoir dû fuir son pays, le journaliste afghan Elyaas Ehsas obtient enfin l’asile en France et peut désormais envisager d’y reconstruire sa vie.

« J’ai reçu hier une réponse positive de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides, NDLR). Je suis officiellement réfugié en France. Je ressens une joie immense, et, après tout ce temps d’attente et d’inquiétude, un incroyable sentiment de tranquillité. Le cauchemar est terminé, et c’est à vous, amis, collègues, soutiens, que je dois ça. »

En 2015, le jeune journaliste, membre de l’ethnie Hazara, honnie par les talibans, est menacé de mort pour ses reportages et notamment pour avoir qualifié les talibans de « terroristes ».

Les appels téléphoniques des islamistes étant de plus en plus inquiétants, il quitte alors Kaboul pour l’Europe, traversant,souvent à pied, le Pakistan, l’Iran, la Turquie, la Grèce, pour arriver en Suède au bout de deux mois. Elyaas Ehsas a finalement gagné la France en 2020. Mais, en raison des accords de Dublin, l’Hexagone a refusé de lui accorder asile, puisqu’il avait déjà formulé une première demande en Suède, qui lui avait cependant été refusée.

Bras de fer

S’ensuit alors un bras de fer avec la préfecture de police et le ministère de l’Intérieur. Se sentant menacé, le journaliste est contraint de se cacher. Il redoutait que la France l’expulse vers la Suède, d’où il aurait été renvoyé vers l’Afghanistan, le conduisant vers une mort certaine.

Durant des mois, le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes, la Fédération internationale des journalistes et l’avocat d’Elyaas ont fait pression à tous niveaux pour qu’Elyaas obtienne le statut de réfugié. Le ministère de l’Intérieur a finalement accepté de réexaminer son dossier, à la demande
notamment de plusieurs parlementaires.

Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes, membres de la FIJ, se félicitent de ce dénouement, qui a néanmoins nécessité une obstination de tous les instants d’Elyaas Ehsas.

Nous espérons qu’il pourra bâtir son avenir professionnel en France. Mais nous n’oublions pas pour autant le sort de nos consœurs et confrères afghans. Celles et ceux qui ont dû s’exiler en France doivent bénéficier de l’asile politique. Et avec la FIJ, nous demandons instamment aux autorités
françaises de rapatrier les journalistes qui, traqués au quotidien par les talibans – tout particulièrement nos consœurs – aspirent à quitter en urgence l’Afghanistan. Leur vie en dépend.

Paris, le 3 février 2022.

Les actualités

  • Quand les complotistes confondent journalisme et propagande

    Malaise et indignation chez les journalistes professionnels qui couvrent certains cortèges de manifestants anti-passe sanitaire. Dans la foule des badauds, des manifestants aiment à entretenir le mélange des genres. C’est ainsi qu’un petit flyer anodin invitant à « éteindre nos télés, couper nos radios et jeter nos journaux » propose de délivrer « toute la…

  • Les journalistes pris pour cibles : l’éducation aux médias est une priorité

    On ne compte plus les journalistes insultés et menacés lors des manifestations des anti pass et anti vaccins qui ont eu lieu durant tout l’été et encore samedi 18 septembre. Et ce n’est pas seulement celles et ceux de l’AFP, de France 2, RTL ou encore de BFM TV qui en ont fait les frais.…

  • Un journaliste de Reporterre condamné pour avoir fait son travail ? Inadmissible pour CFDT-Journalistes

    Les mauvais signaux se multiplient en France, où l’on constate que l’autorité administrative en prend de plus en plus à son aise avec la liberté de la presse, multipliant les entraves à l’exercice des journalistes. Dernier exemple en date : le sous-préfet chargé de mission pour l’aéroport Paris-Orly, représentant de l’État, a prononcé à l’encontre…

  • Logement, soutiens bénévoles : voilà comment nous, journalistes, pouvons concrètement aider les journalistes afghans exilés en France

    Après l’effroi, place à l’action.  CFDT-Journalistes s’associe à la Maison des journalistes, structure unique au monde qui héberge et accompagne les journalistes contraints à l’exil et accueillis en France.  Face à la dramatique situation afghane, nous, journalistes et professionnels des médias, devons tous être solidaires avec nos confrères étrangers.   [uix_button icon= » fontsize=’12px’ letterspacing=’0px’ fillet=’50px’…

  • Aide sociale Covid de l’Etat aux pigistes : enfin bientôt ouverte !

    L’aide sociale Covid de l’Etat aux journalistes rémunérés à la pige est enfin sur les rails ! D’un montant de 15 millions d’euros par an (accordée en 2021 puis 2022), elle vise les plus précaires. Conditions d’éligibilité, montant de l’aide : on vous explique le dispositif, dont les derniers éléments seront arrêtés prochainement.   Le 27…