TV5Monde : Soutien à notre confrère Mohamed Kaci

Communiqué de la section CFDT de TV5Monde – 21 novembre 2023

À la suite du communiqué de la direction de l’information de TV5MONDE désavouant un journaliste alors qu’il avait mené une interview du porte-parole de l’armée israélienne, Olivier Rafowicz, dans le total respect des règles déontologiques, la section CFDT-SNME TV5MONDE tient à exprimer sa forte désapprobation.

À l’heure du lynchage sur les réseaux sociaux, désigner le journaliste par son nom le livre à une potentielle vindicte.

Nous regrettons que notre confrère qui a toujours fait preuve d’un grand professionnalisme depuis son arrivée à TV5MONDE il y a plus de 15 ans et qui a toujours couvert l’information internationale avec rigueur, se voie reprocher la conduite de cette interview.

Lors du journal 64’Le monde en français diffusé en direct le mercredi 15 novembre 2023, notre confrère a été très professionnel et calme. Il a posé une question légitime — le respect du droit international en zone de guerre— au vu des faits et des protestations internationales qui ne font pas de sa question un élément partisan. Il n’est pas admissible de considérer qu’un journaliste est partisan quand il pose une question qui dérange son interlocuteur. Il est dans son rôle de professionnel.

Comme dans toutes les rédactions, il arrive qu’il soit fait constat de n’avoir pas réussi à mener une interview de façon idéale et peut-être que la clôture de celle-ci aurait pu être moins courte. Mais cette nécessaire remise en question qui doit être au cœur de chaque journée de travail de journaliste ne peut aucunement être prise pour un critère de faute. 

En cette période extrêmement troublée, informer relève d’un subtil équilibre.

Nous demandons à la Direction de l’information de TV5MONDE de fournir des explications claires et précises sur les raisons pour lesquelles, elle a fait le choix de communiquer par voie de presse, sans même prendre la peine d’en informer la rédaction.

Le communiqué jette le discrédit sur l’ensemble de la rédaction, qui a toujours couvert l’information internationale avec une extrême rigueur.

Nous demandons à la Direction de TV5MONDE d’expliciter quels articles de la charte de Munich des droits et devoirs des journalistes, elle estime non respectées.

De notre côté, nous estimons que notre confrère n’a pas dérogé à l’application de cette charte et, comme tel, il ne saurait être sanctionné. Notre solidarité avec lui est totale.

CFDT-SNME 

cfdt.snme.tv5@gmail.com

Les actualités

  • Communiqué. Le journaliste syrien Hussam Hammoud doit être protégé

    Le journaliste syrien Hussam Hammoud a appris lundi que sa demande de visa humanitaire avait été refusée par la France. Il travaille sur des sujets cruciaux, comme le terrorisme pour plusieurs médias français. Sa vie est aujourd’hui menacée en Turquie et en Syrie. Syndicats et sociétés de journalistes attendent que les autorités reviennent sur leur…

  • Faites passer cette vidéo de personnalités et d’anonymes pour la libération d’Olivier Dubois !

    Au 500ème jour de captivité de notre confrère journaliste pigiste Olivier Dubois, correspondant au Mali de Libération, le Point Afrique et Jeune Afrique, la CFDT-Journalistes participe à une vidéo d’une trentaine d’acteurs de la profession, de militants des droits et des proches d’Olivier, pour demander sa libération. Que cet appel soit entendu par tous ceux…

  • 500 jours de captivité d’Olivier Dubois : lettre intersyndicale à Catherine Colonna

    Notre confrère Olivier Dubois est otage au Mali depuis presque 500 jours. La CFDT-Journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT et le SGJ-FO ont écrit conjointement ce jour à la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna pour demander que tous les efforts soient faits pour sa libération. Communiqué à télécharger   A l’attention de Mme Catherine COLONNA…

  • Couvrir la guerre (1) : « C’était la première fois que j’étais pris sous le feu des bombes »

    Grand reporter à France 24 et journaliste depuis seize ans, Tarek Kai, 40 ans, a effectué deux reportages en février et en avril derniers pour raconter la guerre en Ukraine. Il explique combien les témoignages de ceux qui fuyaient les combats l’ont marqué et combien la préparation et les règles de sécurité sont essentielles pour…

  • Couvrir la guerre (3) : « A Moscou, le couperet peut tomber »

    Travailler comme journaliste en Russie s’est encore complexifié depuis le début de la guerre en Ukraine. Pour les journalistes Russes, mais aussi pour les journalistes du monde entier correspondants en Russie pour les médias de leurs pays. Benjamin Quénelle, français, correspondant à la pige des quotidiens  nationaux français La Croix et Les Echos, raconte sa position…