Un représentant du RN au Conseil supérieur de l’AFP : une provocation !

La nomination de Bruno Bilde, député Rassemblement National du Pas de Calais, au Conseil supérieur de l’AFP est un mauvais signal envoyé à l’ensemble des journalistes. 

L’ancien directeur du cabinet de Marine Le Pen lors de la récente campagne électorale des élections législatives, représentera l’Assemblée Nationale au sein d’une des plus importantes entreprises française d’information au prestige international. Entreprise que ce garçon s’est employé à vilipender depuis plusieurs années dans de nombreuses déclarations publiques, donnant lieu à des procès qu’il a systématiquement perdus… 

Enfant, Bruno Bilde rêvait d’être journaliste. Pourtant, adjoint au maire d’Hénin-Beaumont, il n’eut de cesse de cibler et d’intimider les correspondants de la Voix du Nord par des méthodes à la limite de la diffamation. Plus tard, cet honorable personnage s’en prit à Mediapart, lançant une campagne de boycott envers les reporters de ce media, les empêchant de suivre les conférences de presse ou les meetings du RN. La raison ? « Nous choisissons nos médias et nos journalistes, oui, et nous ne voulons pas travailler avec vous ». 

Donc, cet immense chantre de la liberté de la presse va siéger dans le conseil supérieur d’une des plus grandes agences mondiales, où il donnera son avis sur la couverture de l’actualité nationale et internationale (on peut craindre le pire au vu des accointances RN avec certains régimes de par le monde), sur la façon dont les journalistes doivent travailler, sur les évolutions futures de l’information…

Non, vous ne rêvez pas ! 

Certes, cette nomination est la conséquence logique du résultat des dernières élections et de l’arrivée en force du RN à la Chambre des députés, qui a largement modifié les rapports de force au sein de la représentativité nationale. C’est ce qui arrive quand on banalise la montée de l’extrême-droite ! Néanmoins, la CFDT-Journalistes la déplore et y voit une véritable provocation pour une profession viscéralement attachée tant à la liberté d’expression qu’à celle de la presse.

Il s’agit pour nous d’une première étape dans la stratégie du RN afin de s’implanter dans les institutions médiatiques et de se créer ainsi un réseau et une influence. 

Soyez assuré que la CFDT-Journalistes combattra cette stratégie et sera particulièrement vigilante face aux tentatives d’implantation de l’extrême droite dans le monde de la presse. 

Paris, le 10 octobre 2024

Nous contacter : journalistes@f3c.cfdt.fr

Les actualités

  • Coronavirus – Télétravail, précaires : les journalistes doivent être protégés

    La CFDT Journalistes et la F3C CFDT demandent à toutes les entreprises de presse d’édicter des consignes claires et équitables sur les conditions de reportage, en accord avec les autorités de santé de généraliser le télétravail en fournissant si besoin des ordinateurs portables de déclarer en arrêt maladie exceptionnel (décret du 31 janvier) et pour toute la durée de fermeture…

  • Coronavirus : le défi de la continuité de l’information

    Alors que la France se met à l’arrêt en raison de l’épidémie de Coronavirus, le travail des journalistes demeure indispensable pour traverser cette crise. La majeure partie de la population est désormais confinée sans les contacts habituels de sa vie sociale. Dans ce contexte extraordinaire et difficile pour la population, la F3C CFDT (Fédération communication…

  • Avec CFDT-Journalistes, pigistes, faire appliquer nos droits !

    Beaucoup de journaux et d’agences de presse n’appliquent pas pour leurs pigistes la loi, la convention collective, les barèmes. Et pas seulement des petites entreprises. Isolé, le pigiste ne peut pas grand chose – sauf dans de très rares cas. Mais pour l’immense majorité des pigistes, la solution du problème passe par l’action collective et…

  • Analyse. La précarisation du métier de journaliste a des conséquences sociales

    La précarisation du métier de journaliste que les organisations syndicales constatent depuis quelques années n’est pas sans avoir des conséquences sociales. Des chiffres pour commencer. Statut précaire rime avec jeune, femme, et (beaucoup) plus petit salaire. Chez les journalistes de moins de 26 ans, plus de 2 sur 3 (67,9%) sont pigistes ou en CDD en…