Une proposition à +0,5% en presse spécialisée : largement insuffisant !

La presse spécialisée risque de conserver encore quelque temps son bonnet d’âne social en proposant, tant pour les journalistes que pour les employés, des salaires de bas de grille au niveau du SMIC et pour toute augmentation au titre de la NAO 2024, une augmentation des minimas de 0.5 % au 1er janvier 2025, que la CFDT a bien sûr refusé de signer.

Pour les journalistes, dans cette branche, les salaires conventionnels vont de 1800€ brut pour un stagiaire à 2 871€ brut pour un rédacteur en chef ou un directeur de la rédaction. Chez les employés, ces salaires conventionnels vont de 1800€ brut (groupe 1) à 3494€ (groupe 9). Les augmentations proposées allaient donc de 9 € à 17,50 € brut par mois, ce qui est totalement insuffisant pour couvrir l’inflation constatée en 2024, de 1.2%, mais aussi pour rattraper la perte de pouvoir d’achat qu’ont subi les salariés de cette forme de presse en 2022 et 2023.

Lors de la présentation du bilan de branche, le 12 novembre dernier, les patrons ont évoqué une baisse des effectifs permanents de 1% dans les entreprises de la presse spécialisée, avec une baisse bien plus importante (de 14 %) du nombre de pigistes et une hausse du recours aux CDD, selon des données de 2023 collectées par AUDIENS. Et d’évoquer une situation « difficile » en 2024 qui pourrait, à leurs dires, s’avérer « catastrophique » en 2025 en pointant « la baisse de la diffusion et de la publicité, et une augmentation des charges des entreprises notamment la hausse des tarifs postaux et des contributions environnementales. »

Cela étant, les salaires stagnent au ras-des-pâquerettes depuis des années dans cette branche, ce qui n’est pas acceptable.

Les actualités

  • Censure: la CFDT-journalistes solidaire de Médiapart, victime d’une procédure-bâillon

    Le tribunal judiciaire de Paris interdit à Médiapart, « sous astreinte de 10 000 euros par extrait publié », de publier la suite de son enquête sur le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau.Fin août 2022, le site d’information et d’investigation en ligne avait révélé un chantage à la sextape contre le premier adjoint au maire.  Ce dernier, le centriste Gilles Artigues, ancien député, avait été filmé à son…

  • Inadmissible : un journaliste de La Montagne essuie des propos racistes de la part d’un élu

    Alors qu’il était en reportage, Malik Kebour, journaliste à La Montagne, a fait l’objet de réflexions racistes de la part d’un élu local, mercredi 16 novembre 2022, rapporte son journal. Sur le ton de ce qu’il estime être « une plaisanterie », le maire d’une commune lui a en effet demandé s’il avait bien ses…

  • Producteurs, journalistes : c’est une précarité structurelle que nous combattons à Radio France

    Le 8 novembre, Noëlle Bréham, productrice de l’émission Les P’tits bateaux sur France Inter, révélait dans Télérama qu’elle était en CDD d’Usage (CDDU), avec donc un statut d’intermittente du spectacle, depuis 40 ans. Refusant d’en signer un énième, car elle demandait un CDI, la collaboration s’arrêtait donc là. Jetant une lumière assez crue sur l’arrière-cuisine de…

  • Presse spécialisée : un accord trouvé pour une hausse des salaires

    « Face à la crise économique exceptionnelle que subissent tant les salariés (hausse du coût énergétique, carburants, denrées alimentaires…) que les entreprises du secteur (hausse du coût énergétique, d’approvisionnement, environnemental…) les partenaires sociaux du secteur de la presse d’information spécialisée ont estimé essentiel de maintenir le dialogue social. » C’est ainsi qu’est rédigée l’introduction de l’accord…

  • Plurimédia : constat de désaccord autour des NAO, mais une prime de partage de la valeur

    Les NAO 2022 se concluent ce 10 novembre, sans trop de surprise à Plurimedia sur un constat de désaccord : aucune augmentation accordée et ce, pour la 4e année consécutive. Seule l’indemnité de télétravail est validée (par mois, 10€ pour 1 journée télétravaillée par semaine, 20€ pour 2, 30€ pour 3). Elle sera versée à…