Extrême droite : après sa démission d’Ebra, Philippe Carli doit quitter l’Alliance de la presse

La mobilisation a payé : ce mardi 28 janvier 2025 en début d’après-midi, l’annonce de la démission de Philippe Carli de la direction du groupe Ebra, premier éditeur de PQR de France, a été confirmée, au plus grand soulagement des salariés du groupe.

Dans son communiqué, la liaison CFDT « salue le départ de Philippe Carli. » Et de développer : « Ses interventions sur les réseaux sociaux en soutien de personnalités d’extrême droite l’avaient disqualifié pour la présidence d’un groupe de presse affichant des valeurs humanistes. Le Crédit mutuel Alliance fédérale aura heureusement entendu les demandes des salariés et de leurs organisations syndicales. »

C’est d’ailleurs la CFDT qui, il y a plusieurs semaines, avait alerté de l’appétence affichée de leur PDG pour des publications très orientées politiquement, signées « Philippe Carli, président du goupe Ebra ». Sans effet, jusqu’à la révélation publique de ce qui a du coup été considéré comme des prises de position susceptibles d’engager la crédibilité les journaux du groupe. « La promotion publique de tels messages politiques par le représentant de notre actionnaire est susceptible de mettre en péril notre crédibilité et notre éthique, le travail des salariés et la confiance des lecteurs », estimait alors la CFDT Ebra, avant de demander de la direction des journaux « un engagement en faveur de l’éthique journalistique et de la neutralité politique » et « un engagement du Crédit mutuel sur le respect de l’indépendance des rédactions du groupe Ebra », appelant au passage « tous les salariés à défendre ce principe ».

Réaffirmer les valeurs du groupe

Pour la CFDT d’Ebra : « l’urgence, après cette regrettable parenthèse, est la réaffirmation par l’actionnaire des valeurs du groupe auxquels tiennent tous les salariés. » Un vœu visiblement entendu par le Crédit Mutuel qui, dans un communiqué rappelle « son engagement infaillible en tant qu’actionnaire unique d’EBRA à défendre une presse de proximité, libre et indépendante (…) » et « réaffirme également son attachement aux principes éditoriaux formulés par les rédactions et la direction du groupe EBRA autour de la défense de la vérité des faits, de l’indépendance et du refus de toute pression éditoriale, ainsi que son choix d’assurer le pluralisme des opinions et des points de vue, et enfin le refus de toutes formes de discrimination. »

De son côté, la CFDT-Journalistes s’inquiète du fait que cette « affaire Carli » met en lumière le rapprochement d’une partie du patronat de la presse avec les idées de l’extrême droite et demande désormais son départ de la vice-présidence de l’Alliance de la presse, syndicat patronal regroupant les titres de la PQN, la PQR, la PQD et la PHR ainsi que la présidence du SPQR.

Paris, le 28 janvier 2025

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