Une ministre qui nous voudrait du bien

Suite aux propos de la Ministre de la Culture Rachida Dati le 7 mai sur France Inter, la CFDT de Radio France a publié ce communiqué le 12 mai 2025.

«Vous savez bien que j’ai toujours défendu le service public ! »

Non, nous n’avons pas remarqué ! Nous avons cherché dans nos archives et n’avons rien trouvé qui aille dans ce sens. 25 minutes de bobards, 25 minutes d’infox, c’est ce que la Ministre de la Culture a infligé aux auditeurs et personnels de la radio publique le mercredi 7 mai 2025 au matin sur France Inter. Une Ministre en mal d’arguments pour défendre un projet de holding totalement absurde en termes de stratégie et dont les ressorts ne sont que politiques. La méthode est simple et très inspirée par ce qui se pratique outre-Atlantique ces derniers mois : dire l’exact contraire de la réalité.

« Ce projet commence à faire consensus, je rencontre beaucoup de monde…»

La réalité, c’est que de moins en moins de personnes sont convaincues par la pertinence de ce projet qui n’aurait d’important que son coût financier, son coût social et son « coup politique ». À Radio France comme dans les autres entreprises concernées, les professionnels se sont massivement mobilisés à l’appel des organisations syndicales contre ce projet, et la CFDT est prête pour une nouvelle séquence si nécessaire.

Reprenons quelques éléments de langage brandis depuis des mois :

« Plus vous serez gros, plus vous serez forts » : or, aujourd’hui, ce qui fait la force de Radio France, c’est la « stratégie Surcouf », agilité et capacité à manœuvrer. Et sa plateforme, dédiée uniquement à l’audio, antennes radio, podcast, info, et production musicale, lui octroie une position de leader sur son terrain d’expertise.

« Chaque entité sera préservée dans ce projet » : c’est faux ! Le projet prévoit un seul budget, un grand patron au sommet qui dirige tout. Aujourd’hui, chaque entreprise a son budget fléché, voté par le Parlement, son indépendance de construction stratégique en rapport à son secteur d’activité et c’est précisément ce qui fait la force de chacune d’elles.

« Une BBC à la française » : c’est exactement ce que nous ne voulons pas ! Qu’est-ce que la BBC Radio aujourd’hui ? Il suffit de comparer ses audiences en podcast avec celles de Radio France (parmi les meilleurs résultats d’Europe).

La réalité, c’est qu’une Ministre de tutelle, qui fustige au petit matin le travail de chacune et chacun des salarié.e.s et de leur dirigeante, supporte mal leur réussite et cherche à affaiblir l’entreprise dont le modèle de production intégrée, le cadre social et l’indépendance éditoriale ne correspondent pas à la doctrine de certains milieux économico-politiques.

Une Ministre, qui utilise les arguments de certaines entreprises privées du secteur pour dénigrer notre travail, tombe le masque et le camouflage pour laisser apparaître les véritables objectifs de cette réforme.

25 minutes… et une absente, dont nous attendons avec impatience de lire le rapport, si la Ministre y a puisé ses arguments.

La CFDT affirme une nouvelle fois que ce projet est néfaste pour chacune des entreprises concernées. Il n’y a d’ambition pour aucune d’entre elles dans le projet de madame Dati et de ses soutiens, sinon l’affaiblissement, voire la destruction, de ces structures.

La réalité, c’est qu’une Ministre, qui n’a plus que l’intimidation et l’outrance, révèle la faiblesse de son argumentaire.

La réalité, c’est que dans certaines sphères politiques, il y a confusion entre radio de service publique et radio d’Etat.

La Ministre a voulu, en 25 minutes, fissurer notre cohésion et entamer notre capacité de résistance. Erreur : elle n’a fait que les renforcer !

La CFDT, comme elle le fait depuis les premières annonces, mettra tout en œuvre pour mobiliser contre ce projet de holding/fusion !

Contact : cfdt@radiofrance.com / renaud.dalmar@radiofrance.com

https://rfonline.sharepoint.com/sites/SP-CFDT

Les actualités

  • Coronavirus : le défi de la continuité de l’information

    Alors que la France se met à l’arrêt en raison de l’épidémie de Coronavirus, le travail des journalistes demeure indispensable pour traverser cette crise. La majeure partie de la population est désormais confinée sans les contacts habituels de sa vie sociale. Dans ce contexte extraordinaire et difficile pour la population, la F3C CFDT (Fédération communication…

  • Avec CFDT-Journalistes, pigistes, faire appliquer nos droits !

    Beaucoup de journaux et d’agences de presse n’appliquent pas pour leurs pigistes la loi, la convention collective, les barèmes. Et pas seulement des petites entreprises. Isolé, le pigiste ne peut pas grand chose – sauf dans de très rares cas. Mais pour l’immense majorité des pigistes, la solution du problème passe par l’action collective et…

  • Analyse. La précarisation du métier de journaliste a des conséquences sociales

    La précarisation du métier de journaliste que les organisations syndicales constatent depuis quelques années n’est pas sans avoir des conséquences sociales. Des chiffres pour commencer. Statut précaire rime avec jeune, femme, et (beaucoup) plus petit salaire. Chez les journalistes de moins de 26 ans, plus de 2 sur 3 (67,9%) sont pigistes ou en CDD en…