Gaza : courrier CFDT-Journalistes à l’Élysée et au Quai d’Orsay et APPEL à l’action

Paris, 25 Juillet 2025

Monsieur le Président de la République Emmanuel Macron

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot

Nous nous adressons à vous en tant que représentants des journalistes engagés à la CFDT, premier syndicat de France, à un moment où le monde est témoin de l’une des catastrophes humanitaires les plus graves. En tant que professionnels de l’information et en tant que personnes, profondément attachées aux droits humains, nous sommes horrifiés par la situation qui dure de façon insupportable à Gaza. 

Nous exprimons notre profonde solidarité avec tous les civils qui meurent aujourd’hui à Gaza parce que le monde n’ose pas agir de manière décisive, ainsi qu’avec nos collègues journalistes qui, malgré tout, continuent à travailler sur place. 

Nous accueillons avec une grande satisfaction l’engagement annoncé ce 24 juillet par la France de reconnaître prochainement, enfin, l’État palestinien. Ainsi que sa demande ferme exprimée deux jours plus tôt qu’Israël laisse entrer les journalistes internationaux dans la bande de Gaza afin qu’ils puissent montrer et documenter ce qu’il s’y passe.

Nous estimons cependant qu’il faut aller plus loin et prendre des sanctions contre l’État d’Israël, que rien ne semble pouvoir arrêter dans sa folie meurtrière.

Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza est un crime de guerre et un crime contre l’humanité : la faim est utilisée comme une arme, et le déni des besoins fondamentaux pour la vie – y compris les médicaments et l’eau potable – se déroule sous les yeux du monde entier. Et sous nos yeux également.

Les seuls témoins restants de ces crimes et de ces souffrances sont les journalistes locaux. Sous le blocus et alors que les journalistes étrangers sont formellement interdits, par Israël, d’entrer dans la bande de Gaza, ils risquent leur vie chaque jour pour faire connaître la vérité au monde entier. Et aujourd’hui, eux aussi sont réduits au silence par la faim.

Avec les Fédérations internationale et européenne des journalistes (FIJ et FEJ), auxquelles notre organisation syndicale est affiliée, nous avertissons que les journalistes à Gaza ont atteint le point de rupture physique : ils meurent de faim, perdent connaissance, perdent leurs forces et, avec elles, leur capacité à effectuer leur travail.

Selon les données de la FIJ, au moins 187 journalistes et professionnels des médias ont été tués depuis le début de la guerre à Gaza. Leur mort envoie un message terrible : la vérité ne doit pas être entendue. En fermant Gaza aux reporters étrangers, l’armée israélienne supprime la liberté d’expression et le droit du public à l’information. Nous assistons littéralement à la silenciation des voix de la vérité – les journalistes – affamés jusqu’à la mort.

Nous demandons que la France exige l’évacuation urgente de ceux parmi les civils palestiniens qui sont en danger immédiat afin qu’ils puissent se soigner, la libération des otages israéliens, soutienne les appels internationaux pour la protection des reporters locaux et les appels à une enquête internationale sur la famine systématique en tant que crime de guerre et de génocide et continue d’exiger qu’Israël cesse d’empêcher l’entrée des journalistes étrangers à Gaza.

Nous enjoignons aussi les équipes du Quai d’Orsay à poursuivre leurs efforts pour faire évacuer les journalistes et collaborateurs locaux des médias français, qui risquent leur vie depuis trop longtemps pour nous informer : ils sont nos uniques yeux et oreilles et nous leur devons la plus évidente reconnaissance, en leur accordant l’asile de la France.


Lire aussi le dernier communiqué de la FEJ et de la FIJ https://europeanjournalists.org/blog/2025/07/22/israel-stop-starving-gazan-journalists-to-silence-the-truth/

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