Auprès des journalistes depuis 1886 !

Comment nos successeurs journalistes et syndicalistes regarderont-ils notre époque dans dix ans ou dans un siècle ? Alors que le découragement gagne parfois face à la crise des médias, un colloque organisé en décembre à Lyon invite à regarder dans le rétroviseur. À la CFDT, l’histoire syndicale des journalistes remonte à 1886, il y a 140 ans.

Cette année-là, peu après les lois de 1881 sur la liberté de la presse et de 1884 légalisant les syndicats, Eugène Tavernier et Jules Cornély, déjà très engagés dans l’enseignement du métier, fondent le Syndicat des journalistes français (SJF), l’une des deux branches de la Corporation des publicistes chrétiens. Dès ses débuts, le SJF, inspiré par le catholicisme social, crée une caisse de retraite et une caisse de prévoyance. Dans les années 1910, il revendique des indemnités de licenciement spécifiques, reprises par la loi Brachard de 1935. Le travail du syndicat attire des figures comme Hubert Beuve-Méry, futur fondateur du Monde.

En 1919, le SJF fait partie des fondateurs de la CFTC, puis lors de la laïcisation de 1964, il poursuit son action au sein de la CFDT. Artisan de l’unité, deux ans plus tard, il est à l’initiative de la création de l’Union nationale des syndicats de journalistes (UNSJ), aux côtés de la CGT, du SNJ et de FO. L’intersyndicale mènera notamment la révision de la convention collective en 1976 et combattra déjà la concentration des médias incarnée alors par Robert Hersant, “le papivore”. Le désir d’unité sera porté aussi à l’international, par son président de l’époque Paul Parisot, co-rédacteur de la Charte de Munich en 1971 puis président de la Fédération internationale des journalistes. En 1985, c’est une militante CFDT, Nicole Du Roy, qui devient la première femme présidente de la CCIJP !

Devenu Union syndicale des journalistes (USJ), le syndicat apporte en 1998 la solution au bras de fer quand le gouvernement veut supprimer l’abattement fiscal de 30%, en proposant de remplacer le pourcentage par un forfait, plus juste pour les personnes ayant des bas salaires. Il négociera encore des avancées importantes, comme l’accord pigistes de 2008, ou la création de leur mutuelle en 2015, mais aussi, grand pas vers l’autorégulation, la création en 2019 du Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM). Puisons dans les combats de nos prédécesseurs la force de continuer à écrire cette histoire, avec de nouveaux militants, qui sauront répondre aux besoins et attentes de la profession en réinventant revendications et modes d’action ! Élise Descamps

140 ans de syndicalisme

Ce colloque organisé le 3 décembre 2026 à l’École normale supérieure de Lyon par la CFDT et la CFTC du Rhône, en partenariat avec la CGT, reviendra sur les prémisses du syndicalisme en France, avec notamment l’ancêtre de CFDT-Journalistes et la Corporation des employés de la soierie lyonnaise. Renseignements : Jean-François Cullafroz, 06 07 94 76 65

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