Laurent

  • Dans un communiqué commun, le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes dénoncent le fait que l’Assemblée nationale ait choisi un député du Rassemblement national (RN) au poste de co-rapporteur d’une « mission flash sur l’éducation critique aux médias », alors que le RN est habitué à sélectionner les journalistes qu’il autorise à assister à ses événements et que plusieurs élus locaux du RN témoignent également d’une franche hostilité à l’égard des journalistes.

    Cette mission flash, mise en place par la Commission des Affaires culturelles et de l’Education de l’Assemblée nationale, est censée « étudier les dispositifs d’éducation critique aux médias proposés aux Français et aux jeunes en particulier » et mener « des auditions […] pour recenser les initiatives sur le sujet », dont les « conclusions alimenteront ainsi les Etats généraux du droit à l’information », qui doivent débuter prochainement.

    Quel est donc le sens que souhaite donner la représentation nationale à l’éducation aux médias, en confiant le co-pilotage d’une mission d’étude à un membre d’un parti politique qui pratique le dénigrement et la défiance envers les médias régulièrement, et accorde du crédit à la diffusion des
    rumeurs, quand il n’en est pas lui-même le diffuseur ?

    En tout état de cause, le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes ne participeront pas aux travaux de cette mission flash. Les trois syndicats de journalistes suggèrent d’ailleurs au gouvernement de profiter des Etats généraux du droit à l’information pour réfléchir aux atteintes à la mission des journalistes.

    > Télécharger ici le communiqué commun : RN-et-éducation-aux-médias-6-déc.-2022

  • Olivier Dubois, notre confrère pigiste, correspondant au Mali du Point Afrique, de Libération, de Jeune Afrique, est otage au Mali depuis le 8 avril 2021.

    Sa longue captivité est un affront terrible à la liberté de la presse, à la conception que nous nous faisons de notre métier : témoigner, enquêter, partout, même et surtout quand l’information est menacée. Olivier a choisi d’exercer ce métier de façon intransigeante, et nous le respectons infiniment pour cela.

    Sa captivité nous rend tristes et en colère. Mais nous pensons que nous ne sommes pas impuissants. Son sort ne dépend pas que des tractations en haut lieu. Il dépend aussi d’une opinion publique sensible à l’urgence de sa libération. Pour cela, il nous faut penser à lui, parler de lui, montrer que nous sommes ses alliés, que nous ne l’oublions pas, que nous voulons et demandons sa libération, sans tarder !

    En collaboration avec le comité de soutien #FreeOlivierDubois, CFDT-Journalistes a édité des rubans en vue d’aider chacun à montrer son soutien très concret. Ils sont verts, la couleur de l’espérance.

    Nous invitons les journalistes à le porter au quotidien et à se prendre en photo avec pour témoigner ainsi sur les réseaux sociaux avec le #FreeOlivierDubois.

    Pour nous, la CFDT-Journalistes, cette action est la continuité de notre engagement dès le premier jour où nous avons appris son enlèvement. Communiqués CFDT ou intersyndicaux (y compris en rappelant aussi la captivité d’autres journalistes, maliens, otages au Mali), présence lors de divers rassemblements organisés par son comité de soutien, tournage d’une vidéo pour le 500è jour avec une trentaine de personnalités en aout dernier, courriers aux ministres…

    Notre syndicat se bat toute l’année pour que les journalistes aient les moyens d’exercer leur métier. CFDT-Journalistes collabore avec des syndicats de journalistes du monde entier (au sein de la Fédération internationale et à la Fédération européenne des journalistes), pour défendre ces valeurs au-delà de nos frontières.

    Et si ce ruban vert fait parler, nul doute que cela pourra être le début d’une conversation salutaire sur la place capitale des journalistes dans notre monde.

    PS : si tu souhaites obtenir des rubans, organiser une distribution dans ta rédaction par exemple, écris-nous à journalistes@f3c.cfdt.fr

  • A mi-mandat, CFDT-Journalistes a tenu une assemblée générale extraordinaire, jeudi 1er décembre, afin de procéder à une élection de nouveaux membres en son Comité national.

    Depuis son élection, en décembre 2020, certains ont quitté la profession, d’autres ont été appelés à d’autres tâches, certains n’ont pas eu le temps de s’impliquer dans nos instances or, il est nécessaire d’avoir un CN de CFDT Journalistes fonctionnel pour porter les dossiers.

    Union fédérale, la CFDT-Journalistes regroupe les adhérents journalistes autour de questions professionnelles et d’éthique. Elle est nécessaire au vu de l’organisation même de la CFDT, avec une grande partie des journalistes affiliés au SNME (Syndicat national des médias et de l’écrit), mais également les journalistes de la presse écrite régionale, affiliés aux S3C. Notre structure est donc là pour faire le lien entre les journalistes des différentes branches professionnelles, radio, télé, presse écrite parisienne, presse écrite régionale, en lien avec les syndicats chargés notamment du revendicatif et de la défense des adhérents.

    Organisation non corporatiste, nous estimons à la CFDT que le collectif de travail est un tout, et que les journalistes sont partie de ce tout. Mais la loi leur donne un statut particulier sur lequel, sans être corporatiste, il faut veiller. C’est ainsi que CFDT-Journaliste participe aux instances de la profession, en lien avec la Fédé et les syndicats.

    Des revendications précises

    En cette année d’élections présidentielle et législatives, nous avons présenté six préconisations fortes pour le début du quinquennat avec des propositions précises, concrètes, atteignables, et lisibles. Avoir fait ce travail nous permet aujourd’hui de revendiquer une antériorité sur certains dossiers.

    Actuellement, nous portons des revendications sur le renforcement de la protection des journalistes, pour que s’attaquer à un confrère dans l’exercice de son métier devienne un délit, et ne soit plus qu’une simple contravention ; nous sommes aussi mobilisés pour la création d’un vrai statut des pigistes à l’étranger, qui sont actuellement dans l’angle mort de la protection sociale. C’est un sujet de journalistes, mais bien concret : il s’agit de leur santé, leur retraite.

    Des situations souvent complexes

    Vis-à-vis des consoeurs et confrères, CFDT-Journaliste est souvent une porte d’entrée ou un recours lorsqu’ils se posent des questions sur leur contrat de travail, leurs droits, ou souhaitent rejoindre la CFDT.

    Les questions que l’on nous adresse sont souvent étonnantes, inattendues, complexes et sont le reflet de pratiques pas toujours correctes de la part des employeurs… ou même des institutions.

    La complexité des situations est encore plus grande lorsqu’il s’agit de pigistes, pour lesquels les réponses doivent être très pointues. C’est dans cet esprit que nous avons développé un site spécifique : pigistes-cfdt.fr, de plus en plus complet. Et que la structuration de ce pôle pigistes se poursuit, avec la volonté aussi de créer du lien avec les adhérents pigistes que nous avons identifiés, et qui sont syndicalement souvent isolés. Le 13 décembre ils sont tous invités à la fédération.

    En étant présent sur l’ensemble du champ professionnel, CFDT-Journalistes a donc repris du poil de la bête, mais la route est encore longue pour retrouver une audience digne du premier syndicat de France. Pour les années à venir, le développement reste l’une de nos priorités.

    Sur le volet social, il faudra être vigilant sur la situation des entreprises, notamment en presse quotidienne où un plan social drastique est annoncé à La Voix du Nord. D’autres pourraient suivre. Il faudra aussi s’inquiéter d’un financement juste et pérenne pour l’audiovisuel public, condition indispensable pour une information de qualité.

    CFDT-Journalistes entend enfin prendre tout sa part lors des prochains Etats généraux du droit à l’information, voulus par le Président de la République, pour y porter des revendications sociales trop souvent ignorées par ces instances.

  • Le 30 novembre le réseau des Sentinelles Vertes de la fédération F3C-CFDT, dont fait partie la CFDT-Journalistes, proposait un événement Fresque du climat géante. Pour les adhérents journalistes, ces travaux ont permis de mieux comprendre les enjeux, pour mieux traiter les sujets liés à la transition écologique.

     

    « Saisir tout ce qui se joue quand on parle de changement climatique, et comprendre à quel point tout est lié, de nos émissions de carbone au risque de multiplication des conflits armés, en passant par l’effondrement de la biodiversité et l’accroissement des risques sanitaires, est essentiel dans notre rôle d’information du public, et contre le greenwashing », explique Rebecca Martin. Journaliste à France 24 et élue CSE à France médias monde, elle a participé le 30 novembre au grand événement Fresque du climat, organisé par la CFDT, qui a réuni 300 militants à l’immeuble des Fédérations, au 47 avenue Simon-Bolivar à Paris. Elle  est convaincue de l’intérêt d’une telle méthode.

    Conçue par Cédric Ringenbach, la fresque du climat est un atelier scientifique, collaboratif et créatif conçu pour sensibiliser de façon ludique au dérèglement climatique. L’atelier s’appuie sur un jeu de cartes qui présente les causes et conséquences du dérèglement climatique. Les participants discutent et relient les cartes entre elles pour visualiser et mieux comprendre les phénomènes de cause à effet de ce système complexe.

    La fresque géante de Bolivar était un événement ouvert à l’ensemble des fédérations. Elle a permis l’élaboration en parallèle de 16 fresques. Participant à cette initiative, Laurent Berger en a réalisé une, synthèse sur écologie et syndicalisme.

    Cet événement s’est tenu à l’invitation des Sentinelles vertes. Ce réseau de militants se met en place depuis le début de l’année 2020 au sein de la fédération F3C.  Objectif : créer, dans les entreprises, un réseau d’experts sur les questions de développement durable, porter plus loin les revendications et les actions, et susciter de nouvelles vocations.
    Frédérique Thiollier, journaliste et déléguée syndicale à Bayard Presse, en fait partie. Formée à l’animation de Fresques du Climat, elle encourage les sections en entreprise à s’en saisir.  « Je suis toujours très étonnée de constater que les journalistes ne se forment pas massivement à ces questions. Ils sont pourtant nombreux à avoir signé la Charte pour un journalisme à la hauteur des enjeux écologiques. La formation, c’est l’article 9 de la Charte. Les Sentinelles vertes sont tout à fait disposées à proposer des Fresques du climat comme première approche dans les sections syndicales. »
    Une seule adresse pour demander l’intervention d’un fresqueur : sentivertes@f3c.cfdt.fr

     

  • La F3C CFDT et CFDT-Journalistes ne seront pas signataires de l’accord relatif aux barèmes de salaires minima garantis applicables aux journalistes, ouvriers, employés et cadre proposé par les éditeurs de la presse magazine le 22 novembre dernier, à l’issue de la NAO.

    En ce qui concerne la catégorie des employés et ouvriers, il était prévu que les salaires mensuels bruts minima des groupes 1 à 3 devaient être augmentés de 2% au 1er décembre 2022. Rien n’était en revanche prévu pour les salariés des groupes 4 et 5, ou pour les cadres des groupes 6 à 9.

    Concernant les journalistes, il était prévu que les salaires mensuels bruts minima pour les coefficients 97 à 138 de la presse hebdomadaire devaient également être augmentés de 2%, de même que le barème des piges.

    S’agissant des salaires qui se situent en-dessous du SMIC, ils devaient être actualisés au niveau du SMIC et augmentés de 2%.

    Pour la F3C CFDT et CFDT-Journalistes, ces revalorisations sont insuffisantes au regard de l’inflation, qui est établie à 6%, avec un smic au 1er novembre 2022, à 1678,95 €.

    Un tassement des grille et une « smicardisation » des métiers

    Concernant les journalistes, côté presse périodique, on constate un important tassement de la grille pour les catégories B et C, pour lesquelles cette proposition de grille établissait un salaire brut unique  à 1732,53 € de l’indice 97 (stagiaire du 1er au 24e mois) jusqu’à l’indice 112 (secrétaire de rédaction), incluant les niveaux rédacteur, rédacteur spécialisé, reporter ou encore rédacteur graphiste.

    C’était à peine mieux concernant les journalistes de la presse hebdomadaire dans la catégorie 2, avec un salaire brut unique de à 1732,53 € pour les indices de 97 à 110, c’est-à-dire de stagiaire à secrétaire de rédaction adjoint, englobant les rédacteurs et les rédacteurs traducteurs.

    Concernant les pigistes, on ne peut que déplorer que les éditeurs refusent de mettre en place un barème unique, que la pige soit « numérique » ou « papier », le travail du journaliste étant pourtant le même.

    Tout au long de cette négociation, la CFDT n’a cessé de réclamer un salaire minimum de branche de 2 000 € pour les emplois qualifiés, qu’il s’agisse des journalistes ou des ouvriers et employés, dénonçant au passage une « smicardisation » des minima de branche que l’on espère déconnectés de la réalité des salaires versés dans les entreprises.

    Un accord formation signé

    Le dialogue social n’est cependant pas fermé en presse magazine, où à l’unanimité, les organisations syndicales ont décidé de reconduire l’accord formation de branche.

    Les discussions restent aussi ouverte concernant la mise en place d’un accord de branche sur le droit voisin, même si cette négociation s’annonce très délicate. Ce mercredi 30 novembre, les éditeurs ont ainsi fait parvenir une proposition d’accord aux syndicats en vue d’une réunion devant se dérouler le lundi 5 décembre prochain…

     

  • Le tribunal judiciaire de Paris a levé, ce mercredi 30 novembre à 15 h, l’ordonnance qui empêchait Mediapart de publier sa nouvelle enquête sur le maire de Saint-Etienne et qui aura été interdite pendant 13 jours.

    La justice a donc tranché, annulant ainsi l’ordonnance du tribunal judiciaire de Paris dénoncée comme une « censure » inédite par le site, soutenu par de nombreux journalistes et défenseurs de la liberté d’expression.

    Vendredi dernier, l’affaire avait été mise en délibéré lors d’une audience où Médiapart avait reçu de nombreux soutiens, comme ceux de Reporters sans frontières, la Fédération internationale des journalistes, des syndicats de la profession –  dont la CFDT-Journalistes -, la Ligue des droits de l’homme et les associations de la presse judiciaire et des avocats praticiens du droit de la presse.

     Cette décision est une victoire pour la liberté d’informer. 

    Dans cette affaire, la CFDT-journalistes était solidaire de Médiapart, victime d’une procédure-bâillon.

    Recours contre la censure : les syndicats de journalistes et la FIJ aux côtés de Mediapart

    Le 18 novembre dernier, le tribunal judiciaire de Paris avait interdit à Médiapart, « sous astreinte de 10 000 euros par extrait publié », de publier la suite de son enquête sur le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau. Fin août 2022, le site d’information et d’investigation en ligne avait révélé un chantage à la sextape contre le premier adjoint au maire.

    Ce dernier, le centriste Gilles Artigues, ancien député, avait été filmé à son insu avec un homme lors d’une soirée intime, à l’hiver 2014, à Paris. À la suite des articles de nos confrères, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Lyon et est toujours en cours et l’affaire avait provoqué des conséquences en cascade (démissions, licenciements) à Saint-Etienne.

    Alors que le journal en ligne s’apprêtait à prolonger ses révélations, le tribunal judiciaire de Paris, saisi par l’avocat du maire, avait censuré les suites de l’enquête de Mediapart, « sans même avertir le site d’information de la demande à son encontre ni a fortiori entendre ses arguments », piétinant les règles qui protègent la presse (loi du 29 juillet 1881) et, plus largement, nos libertés démocratiques fondamentales. Parmi celles-ci, l’accès à une information libre. « De mémoire judiciaire, jamais une interdiction préventive d’une publication de presse (…) n’avait été prononcée par un magistrat », avaient estimé des experts du droit de la presse.

  • Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) se portent, ce vendredi 25 novembre 2022, intervenants volontaires aux côtés de Mediapart.
    Le site d’information en ligne demandera en effet aujourd’hui devant le tribunal judiciaire de Paris l’annulation de l’interdiction de publier de nouvelles révélations sur Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne.
    Me William Bourdon défendra la liberté d’informer et d’être informé au nom du SNJ, du SNJ-CGT, de la CFDT-Journalistes et de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

    Une mesure de censure préalable

    Après une longue investigation, Mediapart a publié le 26 août et le 12 septembre une enquête qui démontre que le maire de Saint-Etienne, en possession d’une « sextape », s’est livré à un chantage politique contre son premier adjoint, Gilles Artigues. Ces révélations ont entraîné une enquête préliminaire du Parquet de Lyon. En revanche, les articles de Mediapart n’ont fait l’objet d’aucune poursuite.
    Mediapart, qui a poursuivi son travail d’enquête, s’apprêtait à publier un nouvel article faisant état d’accusations portées par Gaël Perdriau à l’encontre de Laurent Wauquiez dans une conversation enregistrée. Le site en a été empêché le 18 novembre par une ordonnance du tribunal judiciaire de Paris, saisi par le maire de Saint-Etienne, pour une supposée « atteinte à la vie privée ».
    Cette véritable mesure de censure préalable constitue une première très inquiétante pour la liberté d’informer et d’être informé, d’autant qu’elle vient quelques semaines après une interdiction prononcée par un tribunal de commerce à l’encontre du site Reflets.info de publier de nouvelles révélations sur Patrick Drahi et son groupe, Altice. Le site en fait appel. L’audience, renvoyée le 23 novembre, se tiendra le 30 novembre devant la Cour d’appel de Versailles.
    L’ordonnance à l’encontre de Mediapart, rendue sans débat contradictoire, a, à juste titre, soulevé les protestations des organisations syndicales de journalistes et d’un grand nombre de sociétés et collectifs de journalistes et de médias.
    En se portant intervenants volontaires, le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et la FIJ défendent les droits fondamentaux des journalistes, aussi et surtout le droit des citoyennes et des citoyens à être informé, droit constitutionnel.
    Nous ne pouvons imaginer d’autre décision que la rétractation de cette ordonnance liberticide.
    Paris, le 25 novembre 2022.
  • Le tribunal judiciaire de Paris interdit à Médiapart, « sous astreinte de 10 000 euros par extrait publié », de publier la suite de son enquête sur le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau.Fin août 2022, le site d’information et d’investigation en ligne avait révélé un chantage à la sextape contre le premier adjoint au maire

    Ce dernier, le centriste Gilles Artigues, ancien député, avait été fil à son insu avec un homme lors d’une soirée intime, à l’hiver 2014, à Paris. À la suite des articles de nos confrères, une enquête préliminaire avait été ouverte par le parquet de Lyon et est toujours en cours et l’affaire avait provoqué des conséquences en cascade (démissions, licenciements) à Saint-Etienne. 

    Alors que le journal en ligne s’apprêtait à prolonger ses révélations, le tribunal judiciaire de Paris, saisi par l’avocat du maire, a censuré les suites de l’enquête de Mediapart« sans même avertir le site d’information de la demande à son encontre ni a fortiori entendre ses arguments », comme l’explique Médiapart aujourd’hui sur son site, piétinant les règles qui protègent la presse (loi du 29 juillet 1881) et, plus largement, nos libertés démocratiques fondamentales. Parmi celles-ci, l’accès à une information libre. Selon l’association des avocats experts du droit de la presse, « de mémoire judiciaire, jamais une interdiction préventive d’une publication de presse (…) n’avait été prononcée par un magistrat ». 

    Il s’agit là d’une atteinte intolérable aux droits de l’Homme et du citoyen qui sont des droits constitutionnels. Une atteinte scandaleuse au travail des journalistes qui enquêtent sur des sujets d’utilité publique et qui, en l’occurrence, n’ont même pas eu la possibilité de répliquer aux arguments développés par l’avocat du maire de Saint-Etienne.   

    La CFDT-Journalistes condamne l’instrumentalisation de la justice dans cette décision qui s’assimile à une procédure-bâillon. Cette ordonnance est d’autant plus inquiétante qu’elle s’inscrit dans la continuité de la loi sur le secret des affaires, qui vise à museler les médias d’investigation. Début octobre, une autre procédure, devant le tribunal de commerce de Nanterre, avait interdit au média Reflets.info de publier la suite de son enquête sur le groupe Altice et son président, Patrick Drahi.

    La CFDT-Journalistes exprime son soutien à ses collègues de Médiapart et s’associe à tous les défenseurs des libertés publiques. En France, la censure n’existe plus. Ne la laissons pas revenir insidieusement. La CFDT-Journalistes demande expressément au gouvernement que ce sujet, essentiel, soit évoqué lors des Etats généraux du droit à l’information qui devraient s’ouvrir en décembre.

  • Alors qu’il était en reportage, Malik Kebour, journaliste à La Montagne, a fait l’objet de réflexions racistes de la part d’un élu local, mercredi 16 novembre 2022, rapporte son journal.

    Sur le ton de ce qu’il estime être « une plaisanterie », le maire d’une commune lui a en effet demandé s’il avait bien ses « papiers », avant d’estimer qu’il ressemblait à « un clandestin » :

    CFDT-Journalistes assure toute sa sympathie et sa solidarité à ce confrère, et s’indigne de cette agression.

    Outre le fait d’être un poison pour la société, le racisme est un délit puni par la loi. En proférant ces propos et en s’en prenant à ce collègue estimé de ses confrères, par ailleurs lauréat du Prix Varenne pour l’un de ses reportages, cet élu trahit le pacte Républicain et déshonore sa fonction.

    CFDT-Journalistes espère que des poursuites seront engagées contre l’élu. Aucune agression de journaliste, qu’elle soit physique ou verbale, ne doit rester impunie.

  • « Face à la crise économique exceptionnelle que subissent tant les salariés (hausse du coût énergétique, carburants, denrées alimentaires…) que les entreprises du secteur (hausse du coût énergétique, d’approvisionnement, environnemental…) les partenaires sociaux du secteur de la presse d’information spécialisée ont estimé essentiel de maintenir le dialogue social. »

    C’est ainsi qu’est rédigée l’introduction de l’accord trouvé en presse spécialisée où les partenaires sociaux ont tenu à redonner du souffle au bas de la grille des minima garantis.

    Après avoir prévu dans l’accord signé au printemps dernier (que CFDT-Journalistes n’a pas signé) que les journalistes stagiaires 1ere et 2eme année relèvent du même niveau de grille (95), il est désormais prévu de fixer, au 1er janvier 2023, le niveau 95 à 1715 €, afin d’éviter le rattrapage par le SMIC lors de sa prochaine revalorisation.

    S’agissant des niveaux 133 et suivants qui, comme l’ensemble de la grille, ont déjà fait l’objet d’une revalorisation entrée en vigueur au 1er mai 2022, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

    S’agissant du barème de pige, il a été convenu de la suppression de la distinction en fonction de la diffusion du titre de presse. Ce barème a donc vocation à s’appliquer à l’ensemble des supports de la presse d’information professionnelle et spécialisée. Le barème du feuillet de 1500 signes (hors prime d’ancienneté, CP et 13e mois est-il précisé) est fixé à 52 € bruts. On se rapproche ainsi du barème en vigueur en presse magazine.

    En ce qui concerne les grilles des employés, techniciens, agents de maîtrise et cadres, le niveau 1 est lui aussi réhaussé à 1715 € bruts mensuels. S’agissant des niveaux 6 et suivants, il a été décidé de les revaloriser par un montant forfaitaire de 20 € bruts.

    Certes, ces progressions de grilles de minima en presse spécialisée sont loin des demandes des partenaires sociaux, qui auraient souhaité un plus gros effort de la part des employeurs et des revalorisations touchant l’ensemble des indices des grilles.

    Côté CFDT, on déplore en effet la « smicardisation » de la profession et poussons une revendication forte : pas de salaire en dessous de 2000 € brut mensuels pour les emplois qualifiés, ce qui inclurait les journalistes débutants du niveau 95.

    Mais c’est pour les pigistes que cet accord sera le plus important, puisqu’ils voient le barème des piges, sur 2022, accru de 12,43 % pour les tirages supérieurs à 5000 ex et de 20,37 % pour les tirages inférieurs à 5000 ex. Dans le même temps, les journalistes des indices allant de 133 à 185 auront, eux, bénéficié de hausses de salaire entre +3,81% et 4,82%.

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