Contre les violences sexistes et sexuelles, la CFDT mobilisée avec #NousToutes

La CFDT est résolument engagée dans la prévention et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, violences qui s’exercent de façon systémique et à travers le monde, principalement contre les femmes.

Elle appelle à participer aux marches contre les violences sexistes et sexuelles organisées le 20 novembre 2021 partout en France par le mouvement #NousToutes dans le cadre de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes.

La mobilisation des journalistes est d’autant plus importante que les mauvaises pratiques de harcèlement et de propos graveleux sont dénoncés dans de nombreuses rédactions et que les témoignages, sous le #MeTooMedia affluent, libérant une parole trop souvent retenue.

Finis les comportements sexistes au travail : tolérance zéro à Radio France

#NousToutes rassemble un très grand nombre d’associations féministes et d’organisations. Et pour les militants CFDT, la couleur de mise ce jour-là ne sera pas le orange mais le violet, synonyme de lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes, parce que ces manifestations doivent transcender largement les divergences qui traversent toutes ces organisations en se concentrant sur ce qui nous rassemble : la volonté partagée de mobiliser l’ensemble des citoyens et citoyennes ainsi que les pouvoirs publics dans le rejet et la lutte effective et continue contre les violences sexistes et sexuelles.

À l’approche de la manifestation, Béatrice Lestic, secrétaire nationale CFDT, a rappellé les chiffres concernant violences sexistes et sexuelles (au travail ou ailleurs), et le cadre légal existant :

  • En France, 210 000 femmes par an sont victimes de violences sexistes et sexuelles.
  • En France, 90 000 femmes par an sont victimes de viol ou tentatives de viol. Dans 90% des cas, la victime connaissait son agresseur.
  • En Europe, 6 femmes sur 10 déclarent avoir été victimes au cours de leur carrière, d’un acte sexiste ou de violences sexuelles.
  • En Europe, 1 femme sur 10 déclare avoir été victime d’un rapport sexuel non consenti au travail.

Voici son intervention lors de l’émission Expression directe :

 

https://video.cfdt.fr/portail/expression-directe-radio-violences-sexistes-et-sexuelles-le-point-avec-beatrice-lestic-srv2_1204984

 

Finis les comportements sexistes au travail : tolérance zéro à Radio France

Chaque 8 du mois la CFDT-Journalistes promeut un combat à mener pour  la place des femmes dans les médias. Ce 8 novembre, la bataille contre les violences sexistes et sexuelles à Radio France. Son délégué syndical Renaud Dalmar, particulièrement engagé pour qu’elles cessent, nous en explique le contexte et les leviers. 

 

Depuis quelques jours, des affiches colorées fleurissent sur les murs de la Maison de la Radio et de la Musique, à Paris, et dans les stations locales du réseau France Bleu. « Elle est énervée, elle doit avoir ses règles », « on n’est pas des pédés », ces slogans provocateurs illustrent une campagne interne contre le harcèlement sexuel et les comportements discriminatoires au sein de la société nationale de radiodiffusion.

La direction de Radio France veut susciter une prise de conscience et montrer que les temps ont changé. Plusieurs salariés de Radio France ont d’ailleurs été récemment suspendus, voire remerciés, après des années de comportement inapproprié, notamment à Bayonne, à France Bleu Pays Basque.

La direction encourage à parler

« Lors des deux dernières années, 16 sanctions disciplinaires ont été prises, dont cinq licenciements », précise un communiqué posté le 15 octobre 2021 sur le site intranet de Radio France.  « Que vous soyez victime ou témoin, n’hésitez plus à parler : toute personne qui signale ou témoigne est protégée, quel que soit son statut. Tout fait remonté donne lieu à une action. Des sanctions sont appliquées ».

La diffusion en mars 2021 sur Canal+ du documentaire de Marie Portolano, « Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste », sur le sexisme dans plusieurs rédactions sportives, a donné un coup d’accélérateur à une évolution initiée en 2018 déjà avec la nomination d’un référent harcèlement sexuel, une responsabilité assurée actuellement par le délégué central CFDT Renaud Dalmar.

Des comportements enracinés

Devant le CSE central il y a un an, Renaud Dalmar évoquait des « comportements enracinés, peu contestés par le reste des salariés ». Des salariés, cadres ou non, témoins ou victimes, qui choisissent de rester silencieux par crainte des conséquences pour leur carrière ou pur leurs conditions de travail.

« A ce jour de nombreuses affaires ne peuvent être traitées car les victimes ne veulent absolument pas témoigner même anonymement, car ce témoignage risquerait de compromettre leur chance d’intégration », souligne le référent.

« C’est de l’humour ! »

Renaud Dalmar dénonçait aussi devant les élus du CSE central «une réelle pression caractérisée ». Les précaires, les nouveaux venus doivent se fabriquer une carapace. « Certains CDD, surtout des jeunes femmes, se sont vu répondre qu’elles ne seraient pas « capables de poursuivre dans cette voie si elles n’étaient pas capables d’apprécier cet humour ». Une sorte de « troisième degré », ne pas le comprendre révélerait une sorte de «déphasage avec le milieu professionnel ».

Renaud Dalmar constate « une défaillance managériale ». Cependant le délégué central CFDT reconnait que « l’encadrement est très démuni pour répondre à une partie des situations exposées. Il manque parfois de soutien. Il peut aussi se retrouver confronté à un fonctionnement très ancien et installé, contre lequel il est très difficile de lutter seul ».

La passivité complice

Il dénonce ce qu’il appelle la « passivité complice », c’est à dire « le fait de rire à une blague sexiste ou à connotation sexuelle. Il est dès lors très compliqué de dénoncer la situation. Dans l’une des stations pour lesquelles j’ai lancé une alerte, tel était le cas au quotidien : l’encadrement avait fait preuve de passivité complice, or nous pourrions dire aujourd’hui que la dégradation de la situation engageait sa responsabilité ».

La juriste et collaboratrice de la défenseure des droits, Sophie Latraverse, a été chargée de conduire une enquête sur les dérives signalées à Radio France. Son rapport, publié en septembre 2021, confirme les inquiétudes des élus. Cette juriste indépendante a pu s’appuyer sur 80 entretiens. Elle a aussi eu accès aux enquêtes menées ces deux dernières années en interne par les services RH.

Un dispositif d’alerte pour repérer les dérives sexistes

Pour lutter contre ces dérives, Radio France a développé plusieurs outils, comme des « conférences théâtralisées » qui proposent aux équipes de se glisser dans la peau d’une victime ou d’un collègue témoin de harcèlement sexiste. La société propose aussi une formation en ligne sur cette thématique, que chacun peut suivre en moins d’une demi-journée.

Un dispositif d’alerte interne en ligne a également été mis en place, ainsi qu’une messagerie dédiée aux alertes. Enfin, à la demande des syndicats, la direction de Radio France s’est engagée à communiquer davantage sur les enquêtes en cours et sur les sanctions infligées aux salariés qui ne respectent pas leurs collègues.

 

Lire le communiqué CFDT Radio France du 6 octobre 2021 : Violences sexistes et sexuelles au travail : nous sommes sur la même longueur d’ondes Madame la présidente

 

 

 

 

Télécharger l’outil de la Fédération Communication conseil culture CFDT pour évaluer sa propre exposition aux  violences sexistes et sexuelles au travail 

 

 

 

 

Lire tous nos articles publiés le 8 de chaque mois, afin de faire vivre toute l’année les droits des femmes, et pas seulement le 8 mars.

Le 8 du mois : quelle place des femmes parmi les photographes et photographies de presse ?

Chaque 8 du mois, afin de ne pas s’en préoccuper que le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, CFDT-Journalistes attire l’attention sur la place des femmes dans les médias, côté auteurs, hiérarchie, et contenus. Aujourd’hui, 8 octobre 2021, focus sur les photographes de presse et la photographie de presse.
Arrêt sur images a consacré récemment une émission sur les photos de portraits dans la presse. Y était invitée Marie Docher, photographe et membre du collectif féministe « La Part des femmes ».

Le travail d’un collectif de femmes

Le collectif La part des femmes  revendique une meilleure reconnaissance des femmes photographes. Depuis sa  lettre ouverte dans les colonnes de Libération adressée au directeur des Rencontres d’Arles, ce collectif a obtenu que ce festival de photographie de presse atteigne une quasi-parité des photographes exposés. Le collectif a ensuite mené un travail d’analyse de 1000 portraits de der de Libération et de Télérama. Résultat : dans Libé, 75 % des 139 photographes sont des hommes ; 85 % des 108 portraits de der ont été confiés à des hommes, 15 % à des femmes.  A Télérama 81% des photographes de L’invité sont des hommes, 93 % des portraits sont faits par des hommes. Par ailleurs la majorité des personnes portraitisées sont « des hommes ternes sans singularité », explique Marie Docher, ce qui s’explique notamment par le fait que ce sont souvent des hommes de pouvoir. Les femmes, elles, seraient davantage issues du monde culturel, et souvent dans des positions allongées, voire sexualisées.

A regarder avec le plus grand intérêt sur Arrêt sur images.

En 2020 le rapport de la députée Céline Calvez sur la place des femmes dans les médias en période de crise a aussi compté les photos de une de sept quotidiens nationaux, et le résultat est édifiant.

Extrait du rapport de Céline Calvez

Des débats et des bourses

Mais quels sont les obstacles pour les femmes photojournalistes dans la profession ? La société Canon, qui attribue chaque année une bourse de 8000 euros à une femme photojournaliste afin de l’aider à financer son projet,  organisait un débat sur les obstacles que rencontrent les femmes dans la profession.

En 2018, la SAIF (Société des auteurs des arts visuels et de l’image Fixe) organisait également à Visa pour l’Image une conférence sur « Les femmes photojournalistes, entre stéréotypes et préjugés, quelle réalité, quelle égalité ? »

Depuis deux ans le ministère de la Culture et Visa pour l’Image décernent deux bourses à des femmes photojournalistes en reconnaissance de leur contribution au photojournalisme. Chaque bourse est dotée de 5 000 euros.

Chacun peut agir

Chacun de nous peut agir, notamment en s’interrogeant sur sa propre pratique, comme le font des militants CFDT et le collectif « Ouvrons la Voix » du quotidien régional La Voix du Nord. Ils ont obtenu que la direction de la rédaction et la rédaction en chef s’engagent à valoriser la place des femmes dans les contenus du journal comme dans ses organisations et pratiquent  régulièrement l’exercice du « tamis ». Il est suggéré aux journalistes de relire leurs articles et leurs photos en se posant des questions systématiques sur la façon dont ils/elles ont choisi, présenté, cité, montré des interlocuteurs féminins ou masculins. Avec un tamis texte et un tamis image. Et le journal est régulièrement feuilleté collectivement sous ce prisme.

Tamis image de la Voix du Nord

 

Est-ce que je peux mettre une femme à la place d’un homme sans dénaturer l’information ?

C’est le type même de photos « générales » sans interlocuteur particulier, photos d’illustration encore trop souvent majoritairement « masculines ».

Nous distinguons ainsi les interlocuteurs « acteurs » (ceux qui ne sont pas interchangeables mais sont imposés par le sujet : comme le ou la maire d’une commune, le directeur/la directrice d’association, le ou la gérant(e) d’entreprise…). Des « témoins », ceux qu’on choisit d’interroger pour avoir leur avis (micro-trottoir le plus souvent).

Est-ce que je véhicule une image stéréotypée/sexiste des femmes à travers cette photo/ vidéo/ illustration ?

Exemple type : les photos au télétravail. Les hommes sont bien installés à un bureau ou sur la table de la salle à manger avec plein de dossiers autour de lui. Les femmes sont installées dans le salon, dans la cuisine en train de préparer le repas en même temps ou, si elle est à son bureau, il y a des jouets pour montrer qu’elle est mère de famille aussi. Ce qui n’est jamais fait pour un homme.

Est-ce que je représenterais un homme de la même façon ?

Est-ce que la photo est posée ? Et comment l’est-elle le cas échéant ?

Est-ce que ça a un sens que ce soit une femme/ un homme sur cette photo ?

Dans le choix de la photo a-t-on privilégié un homme ou une femme à bon escient.

Cette femme est-elle choisie/ écartée sur des critères physiques ?

Lors de reportages avec plusieurs interlocuteurs, lesquels ont été retenus pour les photos alors que dans le texte, c’est parfois un ou une autre qui témoigne le plus.

Journalistes, le changement de regard sur le sexisme doit commencer chez chacun d’entre nous. Nous devons toutes et tous apprendre à débusquer les stéréotypes de genre pour ne plus en être les relais.

Afghanistan : l’intersyndicale journalistes reçue au Ministère des Affaires étrangères

L’intersyndicale SNJ, SNJ-CGT et et CFDT-Journalistes a été reçue ce 31 aout 2021 au Quai d’Orsay par Stephen Marchisio, directeur adjoint pour l’Asie et François Delmas, porte-parole adjoint du MAE, pour évoquer l’urgence de la situation de nos consoeurs et confrères journalistes afghans, toujours présents sur le territoire et qui vivent sous la menace permanente.

A ce jour, nous avons recensé 137 journalistes et travailleurs des médias qui appellent à l’aide. La liste actualisée et vérifiée a été transmise au Ministre.

Objectif : réouverture de l’aéroport

Ses collaborateurs, très à l’écoute, nous ont confirmé accorder une attention particulière aux journalistes, profession dans le viseur des Taliban. Leurs efforts diplomatiques se concentrent sur la réouverture de l’aéroport, seule possibilité pour permettre l’évacuation des Afghans, journalistes, magistrats, médecins, qui ne peuvent plus demeurer dans le pays.

En esperant une solution rapide, nous sommes convenus d’adresser régulièrement au MAE la liste actualisée des confrères en danger.

Des échanges très concrets qui, nous l’espérons nous permettrons d’avancer.

Congé paternité : journalistes, ne passez pas à côté de vos droits !

Chaque 8 du mois, une info utile pour faire progresser l’égalité femmes hommes dans nos médias et dans nos rédactions. En ce 8 juillet, focus sur l’allongement du congé paternité, en vigueur depuis quelques jours. 

Revendication historique de la confédération CFDT, l’allongement du congé de paternité porté de 11 à 25 jours pour toutes les formes de parentalité est une avancée sociale majeure. Si la CFDT préconise à terme un congé de deux mois, tout comme le rapport des « 1000 premiers jours de l’enfant », elle salue cette étape. L’enjeu de l’égalité entre les femmes et les hommes passe par une meilleure répartition des tâches, une meilleure coparentalité, et une reconnaissance dans la société comme dans les entreprises de la responsabilité et l’engagement des pères.

Vous êtes journaliste et futur papa ? L’actualité, cette fois-ci, c’est la vôtre, et elle est prioritaire, non ? Ne laissez pas passer ces moments uniques !

Vous êtes collègues de journalistes futurs papas ? Encouragez-les à accueillir leur nouveau-né sans sourciller 😉 

Pour qui ? Comment ?

Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant

  • est ouvert au père de l’enfant, s’il est salarié. Mais aussi si la mère de l’enfant vit en couple avec une personne salariée qui n’est pas le père de l’enfant, liée à elle par un pacte civil de solidarité, cette personne peut également en bénéficier.
  • doit être pris dans les 6 mois suivant la naissance de l’enfant.
  • atteint 32 jours calendaires en cas de naissances multiples.
  • est ouvert sans condition d’ancienneté dans l’emploi (mais il faut être affilié à la sécurité sociale depuis au moins 10 mois et avoir cotisé suffisamment, cf fiche pigistes) et quel que soit le type de contrat du travail (CDI, CDD ou contrat temporaire).
  • s’applique également pour les enfants nés avant le 1er juillet 2021, mais dont la naissance était prévue après cette date.
  • doit être annoncé à son employeur au moins un mois avant et il est préférable, pour des raisons de preuve en cas de litige, d’adresser à l’employeur une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) ou une lettre remise en main propre contre décharge.

Les pigistes aussi !

Selon le rapport Igas sur le congé paternité, en 2016 le taux de recours global était de 67% mais de 80% pour les pères en CDI, 88% pour les fonctionnaires, 48% pour les CDD. Comme le montrent ces chiffres, trop de freins demeurent, notamment pour les pères dans les emplois précaires.

Vous êtes rémunéré à la pige ? Vous êtes concerné bien-sûr ! Et grâce aux nouvelles conditions d’ouvertures de droit, instaurées par un arrêté d’octobre 2020, fruit d’un lobbying intersyndical de plusieurs années, auquel nous avons ardemment contribué, les pigistes ont les mêmes droits aux indemnités journalières de la sécurité sociale que tout salarié. En clair, il faut avoir gagné en moyenne 500 euros brut en salaire sur les trois ou douze derniers mois (attention à l’abattement qui réduit le salaire cotisé !).

Retrouvez dans notre fiche pratique les différents calculs permettant de vérifier que vous êtes bien éligible au congé paternité : 202011 ouverture droits prestations en espèces assurance maladie pigistes CFDT. 

Plus d’infos sur Legifrance et le site Service public

Le 8 du mois – Nécessaires accords égalité pro : focus sur celui négocié à Bayard Presse

Chaque 8 du mois, une info utile pour faire progresser les droits et la place des femmes dans les médias, et faire durer toute l’année la préoccupation de la journée internationale des droits des femmes (le 8 mars). En ce 8 mai, la CFDT-journalistes a choisi de parler d’un outil capital en entreprise, et qui mobilise beaucoup de militants dans les sections : la négociation et le suivi des accords égalité professionnelle (autrement dit égalité femmes-hommes). Plutôt que de grands discours, faisons un focus sur un des derniers signés (janvier 2021), celui de Bayard Presse, suite à un travail important de ses militants. 

Bayard SA est une entreprise de presse qui compte 71% de femmes… Mais ce n’est pas le nombre qui fait la force ! Comme ailleurs, du fait de multiples inerties culturelles et sociales, des inégalités persistent dans leur rémunération et leur promotion professionnelle. L’écart de salaire moyen a été évalué à 11,1%, tous métiers et secteurs confondus. Une partie de cet écart est dû à des inégalités de salaire « poste pour poste ». Une autre, au fait que les hommes sont proportionnellement plus présents au sommet de la hiérarchie que les femmes.

Pour résorber le tout et diffuser une culture de l’égalité, un accord a été négocié durant neuf mois (le temps d’une gestation!) entre organisations syndicales et direction, et signé fin janvier 2021. La section CFDT y a été particulièrement investie. Valable pour trois ans, il contient une série d’engagements sur :

Le recrutement

L’enjeu est de résorber le fort déséquilibre des sexes dans certains secteurs du groupe et filières métiers.  Par exemple, trop de femmes dans la presse petite enfance et les ressources humaines, et trop peu dans les métiers numériques et informatiques.

Comment ? Les managers seront formés au principe de non-discrimination. Des partenariats seront montés avec des écoles… Dans les short listes, il faudra toujours des représentants des deux sexes (sauf s’il n’y a pas de candidatures recevables).

Lire le billet de blog de la CFDT Bayard Presse à ce sujet

La rémunération

Chaque année,  la commission égalité pro du CSE déterminera le secteur de l’entreprise où rattraper des écarts de salaire injustifiés. Cette année, par exemple, ce sera les managers journalistes (rédaction en chef, rédaction en chef adjointe) .

La direction s’est engagée à ce que le budget « nécessaire et suffisant » soit dégagé pour ce rattrapage. Ce sera le boulot de la commission de suivi de l’accord de le vérifier…

Lire le billet de blog de la CFDT Bayard Presse à ce sujet

La promotion professionnelle

C’est le nerf de la guerre ! Les formations nécessaires aux évolutions des femmes seront encouragées : coaching,  formations au leardership et au management, bilan de compétences, points carrière, etc. Tout cela sera quantifié et suivi.

Les militants CFDT ont notamment obtenu une liste d’indicateurs qui devraient désormais permettre d’y voir beaucoup plus clair. Par exemple en distinguant ce qui relève des vraies promotions et ce qui relève de « développements dans le poste » (le plus souvent des missions en plus, sans avenant ni augmentations).

Lire le billet de blog de la CFDT-Bayard Presse à ce sujet

Les conditions de travail et la conciliation vie pro/vie perso

L’accord inscrit le droit à la déconnexion cher à la CFDT : « le droit de ne pas consulter sa messagerie électronique et de ne pas répondre aux sollicitations en dehors de sa journée de travail ». Il sera rappelé régulièrement aux managers et  mentionné dans tous les contrats de travail des nouveaux salariés.

Autre exemple : les réunions devront tenir compte de la durée du travail, et notamment des salariés à temps partiel. Elles ne peuvent débuter avant 9h ni se terminer après 18h, sauf circonstances exceptionnelles. Il est rappelé que les réunions doivent être courtes, avec un objectif clair, un ordre du jour communiqué à l’avance et ne réunir que les salariés concernés.

Mais l’encadrement des heures de travail concerne autant les hommes que les femmes, nous direz-vous ! Exact, mais – et ce n’est pas très glorieux –  la répartition des tâches ménagères et de la fameuse charge mentale est bien souvent déséquilibrée. C’est une sécurité de plus de savoir que le travail ne va pas venir s’ajouter à cette charge domestique ! C’est donc un gage de qualité de vie pour tous.

Lire le billet de blog de la CFDT Bayard Presse à ce sujet

Comme on le voit, l’égalité professionnelle, c’est la qualité de vie au travail pour tous, et pas seulement les femmes ! Et il reste encore bien des lignes à faire bouger  !

Retrouvez l’intégralité de l’accord sur Legifrance.

 

 

Une protection est demandée au ministre de l’intérieur pour deux journalistes gravement menacées

CFDT-Journaliste s’associe à la demande intersyndicale de mise en place d’une protection policière pour deux collègues journalistes, Nadiya Lazzouni et Morgan Large, gravement menacées :

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE DE L’INTÉRIEUR

 Monsieur le Ministre,

Le jeudi 8 avril 2021, la journaliste et fondatrice du média Speak Up Channel, Nadiya Lazzouni, a indiqué sur Twitter avoir reçu une lettre anonyme de menace de mort à son domicile. Publiée par la journaliste, la lettre manuscrite contient des menaces à caractère raciste et sexiste dirigées à son encontre et contre l’ensemble de la communauté musulmane : « Nous vous expulserons au bulldozer bande de p…. islamistes » ; « Gardes ton chiffon » ; « Nous viserons mieux petite effrontée. Il se remplira de ta cervelle de m…. » ; « Certains appelleront leurs mères avant de prendre une balle dans la nuque » ; « la France sera vierge de tout musulman et islamiste ».

Madame Lazzouni a indiqué avoir demandé une protection policière. Ce quelle na toujours pas à l’heure où nous écrivons cette lettre.

Le 29 mars 2021, la journaliste Morgan Large a constaté que sa voiture avait été sabotée, deux boulons ayant été retirés d’une roue. Morgan Large travaille pour la radio bilingue franco-bretonne Kreiz Breizh. Elle est connue pour ses enquêtes sur le secteur agricole en Bretagne. Le sabotage de sa voiture garée près de sa maison est le dernier acte d’intimidation en date contre elle et sa famille. Il s’ajoute à la longue liste des menaces et faits délictueux  dont elle a fait l’objet en raison de son travail. En novembre dernier, les portes des locaux de Radio Kreiz Breizh ont été brisées, sans aucun signe d’intrusion, après la diffusion d’un documentaire dans lequel Morgan Large était interviewée. En janvier dernier, son chien a été empoisonné. Des appels téléphoniques nocturnes anonymes et des messages de menace à son adresse et à celle de Radio Kreiz Breizh ont également été signalés à la police.

Morgan Large a indiqué avoir demandé une protection policière. Ce quelle na toujours pas à l’heure où nous écrivons cette lettre.

Ces deux affaires ont été publiées sous forme « d’alertes » par lesdérations internationale et européenne des journalistes (FIJ/FEJ) sur la Plateforme pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes du Conseil de lEurope et nont fait lobjet daucune réponse de la part de la France à Madame Marija Pejčinović Buric, la Secrétaire général du Conseil de lEurope, à l’heure où nous écrivons cette lettre.

Monsieur le Ministre, il est de votre responsabilité de tout mettre en œuvre pour protéger immédiatement la vie de ces deux journalistes, deux jeunes femmes, attaquées, menacées, violentées parce quelle nont rempli que leur mission d’informer.

Au Kenya, le 7 avril, notre consoeur de la télévision nationale Betty Mutekhele Barasa a été assassinée chez elle à Nairobi. Elle a été visée parce quelle était journaliste.

Dans le Nord-Est de lAfghanistan, le 2 mars dernier, Mursal Wahidi, Sadia Sadat et Shahnaz Roafi, trois jeunes femmes journalistes pour la télévision Enikass TV, ont été assassinées froidement par des tireurs embusqués. Elles aussi ne faisaient que remplir leur mission d’informer.

Et nous noublions pas le drame qui a endeuillé la profession en Grèce le 9 avril, lorsque notre confrère Giorgos Karaivaz a lui aussi été assassiné devant chez son domicile.

Le modus operandi est toujours le même : viser des journalistes pour les faire taire, pour les empêcher de faire leur travail.

Monsieur le Ministre, cette lettre se veut solennelle et grave car la Fédération internationale des journalistes (FIJ), première organisation mondiale de la profession avec 600 000 membres répartis dans 150 pays, vit ces drames en moyenne deux fois par semaine depuis 1990. En 30 ans, la profession a perdu près de 2800 journalistes dans le monde, soit deux par semaine (!), et ses rapports annuels montrent que ce ne sont plus dans les pays en guerre quon assassine les journalistes. Plus aucune démocratie nest épargnée aujourd’hui.

La France, dont le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 a secoué le monde entier et entraîné partout des manifestations massives en faveur de la liberté d’informer et d’être informése doit dagir immédiatement pour que Nadiya Lazzouni et Morgan Large puissent poursuivre leur travail en toute sécurité.

La France, 6e puissance mondiale, bénéficie de tous les moyens nécessaires pour que cesse cette escalade de menaces, dintimidations et de violences. Il en va de la liberté d’expression. Il en va de la démocratie.

 Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, lexpression de notre très haute considération.


Les premiers signataires : Anthony Bellanger (secrétaire général de la FIJ), Ricardo Gutierrez (secrétaire général de la FEJ), Emmanuel Poupard (premier secrétaire général du SNJ), Emmanuel Vire (secrétaire général du SNJ-CGT), Laurent Villette (secrétaire général de la CFDT-Journalistes), Taha Bouhafs (Reporters en colère).

Egalité salariale femmes-hommes : participez à l’enquête de la Fédération internationale des journalistes !

Chaque 8 du mois, une info utile pour faire progresser les droits et la place des femmes dans les médias ! En ce 8 avril, la CFDT-Journalistes a choisi de relayer l’enquête mondiale engagée par la Fédération internationale des journalistes (FIJ) sur les écarts de salaires entre hommes et femmes dans les rédactions.

Pas assez de transparence

Le monde des médias ne fait malheureusement pas exception au constat accablant de la moindre rémunération des femmes, à poste égal, de par le monde. Peu d’entreprises d’information assurent une transparence totale en matière de salaires et de primes. De même que trop peu de conventions collectives ont été adoptées avec des dispositions solides sur la réduction des inégalités salariales entre les femmes et les hommes, tout comme sur la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, qui pénalise majoritairement les femmes dans leur accès aux postes à responsabilités.

Pallier le manque de données

À travers sa campagne internationale #PayMeEqual, la FIJ -dont la CFDT est membre – milite pour que les médias du monde entier lancent des audits de salaires dans leurs rédactions. L’objectif : agir pour plus de transparence et lutter contre ces écarts de salaires. Le mot d’ordre est clair: à poste égal – salaire égal!

Pour contribuer à pallier le manque de données chiffrées concernant notre profession, chacun peut participer à ce recueil d’informations mené par la FIJ -en partenariat avec Wageindicator- afin de documenter l’écart de rémunération entre les sexes :
https://wageindicator.org/salary/salary-survey/salary-surveys-journalism

Lire tous les articles de la campagne Pay me equal (témoignages de journalistes racontant leurs revendications et victoires dans d’autres pays notamment) sur le site de la FIJ.

Explorer les statistiques de la commission de la carte en terme de revenus, en agissant sur les critères femmes/hommes notamment, sur le site de l’Observatoire des métiers de la presse.

Parce qu’une seule journée – le 8 mars, journée internationale des droits des femmes – est bien trop courte, la CFDT-Journalistes a décidé de maintenir constante l’attention à porter à ce sujet. Chaque 8 du mois, dorénavant, nous proposons sur le site cfdt-journalistes.fr et sur nos réseaux sociaux un focus ayant trait à la place des femmes dans les médias : dans nos colonnes, nos reportages, le choix des experts, mais aussi dans les rédactions, la hiérarchie, les grilles de salaires, etc. Avec des exemples de travaux, des enquêtes, des témoignages et autres ressources nous aborderons les différentes facettes de la lutte contre l’inégalité des sexes.

8 mars : Journalistes, débusquons les stéréotypes de genre

 

Pour la journée internationale des droits des femmes, le lundi 8 mars 2021, la CFDT-Journalistes a choisi d’inviter ses adhérents et tous les journalistes à questionner leurs pratiques, à travers l’opération « l’heure du tamis ». Pour briser la chaîne des stéréotypes et ne plus être les relais d’un sexisme insidieux, passons au crible nos écrits, vidéos et photos. 

Petits qualificatifs, clichés plus tenaces ou images réductrices : la lutte contre le sexisme est loin d’être gagnée. Car elles sont profondément ancrées, les journalistes peuvent aussi véhiculer des idées sexistes – conscientes ou pas.

La proposition de la CFDT-Journalistes le 8 mars 2021 : relire nos productions en se questionnant sur le choix de l’intervenant.e.; sur les termes employés ; les images choisies, les questions posées… Prenons tous une heure pour relire, visionner ou écouter l’un de nos derniers sujets en se posant une série de questions (voir encadré).

Une heure pour prendre conscience

Lieu : chez soi ou dans sa rédaction, son syndicat, son association de journalistes, seul ou en petit groupe.

Lundi 8 mars, de 12h30 précises à 12h45, une journaliste et adhérente CFDT de la Voix du Nord pratiquant déjà le tamis dans sa rédaction expliquera cette démarche en visio.

Puis, pendant les 45 minutes suivantes (ou le temps que vous souhaiterez accorder), penchez-vous sur votre propre production (article, photo, reportage vidéo, son, etc) en choisissant de manière arbitraire un exemple récent.

Dans la foulée, faites savoir que vous avez participé, et faites connaitre vos observations (pas de panique, ce n’est pas un examen !) en renseignant un formulaire en ligne (anonymat possible)

 

Une expérience initiée à la Voix du Nord

A l’origine de cette démarche se trouve le collectif « Ouvrons la Voix » composé de femmes et d’hommes journalistes du quotidien régional La Voix du Nord dont une des chevilles ouvrières est une militante CFDT. Il a obtenu que la direction de la rédaction et la rédaction en chef s’engagent à valoriser la place des femmes dans les contenus du journal comme dans ses organisations.

Ce tamis fait partie des actions préconisées, et pratiquées régulièrement au sein de la rédaction du quotidien régional. Il est suggéré aux journalistes de relire leurs articles après écriture en se posant des questions systématiques sur la façon dont ils/elles ont choisi, présenté, cité, montré des interlocuteurs féminins ou masculins. Et le journal est régulièrement feuilleté collectivement sous ce prisme.

 

NOTA : Tous les exemples explicatifs des tamis ci-dessous sont issus des observations menées par le collectif Ouvrons la Voix et la rédaction, au sein de La Voix du Nord. 

Tamis rédactionnel

Ainsi lors d’un feuilletage sur une semaine de parution de La Voix du Nord, nous avons relevé que sur ces 341 interviews réalisées, dans 103 cas nous aurions pu choisir un interlocuteur différent.

Covid et impact sur les commerces, dans un article en locale : trois femmes interrogées sur dix commerçants.

Sujet sur les intermittents du spectacle pendant le confinement dans une édition locale :  4 interviews d’hommes, pas une seule femme.

Sur leur vie personnelle par exemple, familiale. Cas type : comment conciliez-vous vie pro et perso ?

Ainsi à l’occasion de la présentation de participants nordistes à une émission télé : on donne la profession des deux hommes et de la femme mais  on dit uniquement qu’elle est “maman célibataire de trois garçons”. De manière générale, on ne demande qu’aux femmes si elles sont mères, pas aux hommes s’ils ont des enfants. (préconisation : pour tous ou seulement si cela a un intérêt)

Lu encore : Claire Cochet, professionnelle du tourisme et « mère de famille ».

Elle est souriante et porte une robe printanière. Et la chemise de son pendant masculin est-elle à fleurs elle aussi ? On dit plus souvent qu’une femme est jolie, pas qu’un homme est beau.

Exemple dans un article sur des noces d’or : Elle est “dans la réserve” tandis qu’il aime le contact ; “cet équilibre serait-il le secret de la longévité de leur couple?”

Lors d’un conseil municipal : “Le conseil se penche ce soir sur un budget de bon père de famille”

Sport : “Le Portel est allé chercher une ‘victoire d’hommes’ et reprend son destin en main”

Papiers Covid : les professionnels concernés sont ainsi présentés : des médecins, des kinés et des infirmières (alors qu’il y a aussi des infirmiers)

Rôle de la femme minimisé : « Le patron qui tient la boulangerie-pâtisserie avec sa femme Cécile ».

On préconise également de féminiser tous les noms de métiers et fonctions, y compris lorsque l’interlocutrice ne le souhaite pas. Ex : nous appellerons désormais Martine Aubry LA maire de Lille.

Ouverture d’une librairie : « Bertrand Teulet et sa compagne Marion »

Dans un article sur la reprise de Camaïeu, plusieurs acteurs du dossier sont cités : Michel Oboyan et Wilhelm Hubner, qui ont fait l’offre de reprise, Thierry Siwik, délégué CGT, Cherif Legba, délégué FO, Stéphane Ducrocq, avocat des salariés, Mélanie, vendeuse.

Mélanie est la seule à ne pas avoir de nom. Cela pose aussi la question de l’attention à avoir quant au statut social de nos interlocuteurs et pas seulement au sexe. Est-ce parce qu’elle n’est « que » vendeuse que son nom n’est pas donné.

Ce constat a pu être fait aussi dans les sujets dans les écoles : les instituteurs (institutrices) ont leurs prénom et nom ; les ATSEM que leur prénom.

Voici des exemples de ce qu’on ne veut plus lire :

Alors qu’un homme est condamné pour des attouchements sur ses filles, on le décrit par ailleurs comme un “papa en or” par son entourage.

« La jalousie d’un homme à l’origine du meurtre » : Non la jalousie n’est pas une excuse au féminicide.  On en reste aux faits : en l’occurrence : « Il étrangle sa compagne”.

« Aniche : condamné pour des bisous volés à la jeune fille qu’il hébergeait » : Non, c’est une agression sexuelle pas des bisous volés.

« Une jeune femme draguée et frappée dans le métro » : Non, elle a été harcelée.

 

Préconisations : ne pas faire d’humour ; ne pas minimiser les faits ; rester dans le factuel

Tamis image

C’est le type même de photos « générales » sans interlocuteur particulier, photos d’illustration encore trop souvent majoritairement « masculines ».

Nous distinguons ainsi les interlocuteurs « acteurs » (ceux qui ne sont pas interchangeables mais sont imposés par le sujet : comme le ou la maire d’une commune, le directeur/la directrice d’association, le ou la gérant(e) d’entreprise…). Des « témoins », ceux qu’on choisit d’interroger pour avoir leur avis (micro-trottoir le plus souvent).

Exemple type : les photos au télétravail. Les hommes sont bien installés à un bureau ou sur la table de la salle à manger avec plein de dossiers autour de lui. Les femmes sont installées dans le salon, dans la cuisine en train de préparer le repas en même temps ou, si elle est à son bureau, il y a des jouets pour montrer qu’elle est mère de famille aussi. Ce qui n’est jamais fait pour un homme.

Est-ce que la photo est posée ? Et comment l’est-elle le cas échéant ?

Dans le choix de la photo a-t-on privilégié un homme ou une femme à bon escient.

Lors de reportages avec plusieurs interlocuteurs, lesquels ont été retenus pour les photos alors que dans le texte, c’est parfois un ou une autre qui témoigne le plus.

Journalistes, le changement de regard sur le sexisme doit commencer chez chacun d'entre nous. Nous devons toutes et tous apprendre à débusquer les stéréotypes de genre pour ne plus en être les relais.

Aller plus loin

Téléchargez le tract de l’action L’heure du tamis, et diffusez le dans votre entourage !

8 mars : Toutes et Tous pour l’égalité et la parité dans nos rédactions

Communiqué SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – Prenons la Une !

8 mars : Toutes et Tous
pour l’égalité et la parité dans nos rédactions

 

Le 8 mars, c’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Partout, à travers le monde, des rassemblements, des grèves et des manifestations auront lieu pour défendre les droits des femmes. Mais que veut dire cette mobilisation, aujourd’hui, en France, pour nous, journalistes ?

Depuis 20 ans, la profession se féminise, comme en atteste la Commission de la Carte de Presse (CCIJP). Mais féminisation ne veut dire ni égalité, ni parité. Les discriminations et les stéréotypes de genre perdurent dans nos rédactions, tout comme les disparités salariales. Sans compter le sexisme « ordinaire » ou pire, le harcèlement et les agressions sexuelles, que la vague #MeToo et son équivalent français #BalanceTonPorc ont contribué à dévoiler.

Ce mouvement de libération de la parole des victimes a permis une prise de conscience sans précédent dans l’ensemble de la société, et dans le secteur des médias, particulièrement atteint. Des témoignages de femmes journalistes ont enfin été pris au sérieux, obligeant les directions à intervenir, et ce dans toutes les formes de presse (du Huffington Post à France Télévisions en passant par Télérama ou Europe 1).

Mais au-delà de quelques sanctions disciplinaires parfois très médiatisées, quels sont les changements structurels dans nos rédactions ? Qu’espère-t-on obtenir pour les générations futures de journalistes ?

Parce que les inégalités persistent toujours dans nos rédactions entre les femmes et les hommes, l’intersyndicale SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes  et l’association Prenons la Une ! appellent l’ensemble de la profession à manifester le lundi 8 mars afin de porter nos revendications :

> Prendre des mesures efficaces de rattrapage salarial

Depuis 1972, le principe de l’égale rémunération des femmes et des hommes est consacré dans le Code du travail : près de 50 ans plus tard, les inégalités persistent (partout dans nos rédactions).

Or l’égalité au travail commence par de véritables mesures de rattrapage salarial.
Avec un credo simple : à travail égal, salaire égal. A compétence égale, salaire égal.

> Réduire la précarité, qui frappe d’abord les femmes

Dans nos rédactions, la précarité est essentiellement subie par les femmes. Parce qu’elles font souvent face à des déclassements après des congés maternités, parce que la notion d’égalité professionnelle est un vœu pieu dans des rédactions majoritairement dirigées par des hommes, selon un modèle patriarcal, le constat est frappant : les femmes sont bien plus nombreuses que leurs confrères à travailler à temps partiel ou contraint, en piges ou en CDD.
La profession se féminise, mais c’est encore trop souvent aux femmes que l’on impose les statuts les plus précaires !

> Briser le plafond de verre : favoriser la mobilité interne et l’évolution de carrière des femmes

Dans les médias, les postes à haute responsabilité sont toujours majoritairement occupés par des hommes. Selon La revue des médias en 2019, seuls 26 % des postes de directeurs ou directrices de publication ou de rédaction et 38 % des postes de rédacteurs ou rédactrices en chef étaient tenus par des femmes.

> Prévenir les agissements sexistes et le harcèlement sexuel dans les rédactions

Selon une enquête menée en février 2019 par les collectifs NousToutes, Prenons la Une ! et Paye ton Journal (témoignages de 1500 journalistes dans près de 300 médias différents), 67% des femmes journalistes qui ont répondu déclarent avoir été victimes de propos sexistes, 49% de propos à connotation sexuelle et 13% d’agressions sexuelles.

Le sexisme et le harcèlement sexuel restent des phénomènes persistants dans nos rédactions. Les entreprises de presse doivent y mettre fin, notamment avec des changements structurels adaptés et des formations.

Protéger les salariées est une obligation légale, cela doit devenir une priorité !

> Promouvoir l’égalité professionnelle et lutter contre les stéréotypes de genre

En 2021, comment supporter que les femmes soient sous-représentées dans les matinales des radios, sur les plateaux des télés, en « une «  de nos journaux ? Comment accepter qu’on les sollicite encore très peu sur des sujets politiques et économiques majeurs ?

Les médias ont une responsabilité essentielle dans la lutte contre les stéréotypes de genre, et l’égalité doit aussi passer par une égalité de parole et de représentation.

Là encore, les rédactions et les directions des entreprises de presse n’ont pas le choix : il faut progresser !

Nous soutenons l’instauration d’un « bonus/malus » pour les aides à la presse (préconisation 12 du rapport de la députée Céline Calvez sur la place des femmes dans les médias).

Faisons de ce 8 mars 2021 une journée de mobilisation et de rassemblement, pour marquer notre volonté de défendre l’égalité dans le secteur des médias et dans les rédactions, et de lutter pour les droits des femmes.

L’intersyndicale SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes et l’association Prenons la Une ! appellent toutes les consœurs et tous les confrères, toutes les organisations syndicales et tous les collectifs à rejoindre les cortèges syndicaux et rassemblements ce 8 mars partout en France pour cette Journée internationale de convergence des luttes.

L’égalité entre les hommes et les femmes, c’est un combat pour le progrès social, pour toutes et tous.

 

https://cfdt-journalistes.fr/2021/02/27/8-mars-journalistes-debusquons-les-stereotypes-de-genre/

Paris, le 4 mars 2021