Le 8 du mois – Sexisme dans les organisations et les contenus de la presse écrite : ne pas en rester au constat ! (Haut Conseil à l’égalité)

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Très peu de postes de direction dans les mains de femmes. Moins d’un quart des personnes citées dans les articles sont des femmes. Les femmes mises en avant dans la presse féminine presque toujours minces, jeunes, blanches….

Alors que le rapport de l’an dernier du Haut conseil à l’Egalité faisait un focus sur les médias audiovisuels, le 3ème état des lieux du sexisme en France, qui vient d’être publié, propose en une cinquantaine de pages une analyse du sexisme dans la presse écrite,  avec ce constat de situation au milieu du gué : une évolution réelle mais souvent très insuffisante.

Extrêmement fourni, précis, instructif,  il décrypte véritablement les fonctionnements et doit nous inviter tous, journalistes, éditeurs, lecteurs, à la plus grande vigilance, pour que nos médias cessent de reproduire les stéréotypes. Ses recommandations, à lire en détail dans le rapport, peuvent être saisies par tous les militants CFDT en entreprises de presse et tous les décideurs.

A lire impérativement !

Sous-représentation dans les organisations

Pour analyser l’organisation interne des quotidiens de presse généraliste, un questionnaire a été envoyé aux rédactions du Monde, du Point, de Sud Ouest, Ouest France, 20 Minutes, du Parisien, du Figaro et enfin de L’Obs en janvier 2021. Pour la presse dite féminine, il a été envoyé à Elle, Marie Claire, et à Femme Actuelle. Seul Le Monde n’a pas répondu. Les chiffres ci-après sont ceux de ces médias.

– Seulement 30 % de femmes en moyenne dans les rédactions de presse généraliste du panel et 50 % lorsque sont intégrés les titres de presse féminine
– 100 % des postes de directeur et directrice de publication occupés par des hommes

  

Sous-représentation dans les contenus et les représentations graphiques

Onze titres  ont été analysés : Le Monde, Le Figaro, Le Parisien, Ouest France, Sud Ouest, Le Point, L’Obs, 20 Minutes, Femme Actuelle, Elle et Marie Claire.

– En moyenne, les femmes représentent 23 % des personnes mentionnées et 21 % des personnes citées dans les articles analysés
– Il n’y a jamais plus de 30 % d’expertes citées dans les articles analysés
– En moyenne, les articles dont un homme est le sujet principal constituent plus de 80 % des contenus analysés

Que faire ?

Extraits du rapport :

Quels leviers actionner pour améliorer cette situation, sans pour autant porter atteinte au principe fondateur, maintes fois mis en avant dans les auditions, celui de la liberté de la presse ? La question se pose différemment dans le secteur audiovisuel qui dispose d’une instance de régulation, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA), instituée par la loi du 30 septembre 1986. Le CSA a ainsi la mission de veiller « à la poursuite d’objectifs de cohésion sociale ainsi qu’à la promotion de la diversité culturelle et de la production audiovisuelle française » et est tenu d’évaluer annuellement la présence des femmes sur les antennes françaises.

Dans la loi de 1881 des dispositions visent les atteintes faites aux femmes mais ne régulent pas le contenu de la presse écrite, ni l’égalité entre les femmes et les hommes dans les organisations.

Pour remédier à cette situation, les leviers et formes d’action sont multiples et s’étendent du partage de bonnes pratiques en interne à des mesures plus contraignantes, en passant par des mesures incitatives. Des outils existent déjà, d’autres pourraient être amenés à se déployer.

Des conventions cadres avec l’Etat chartes internes en passant par  les primes des dirigeant·es conditionnées à la progression des femmes vers des postes à responsabilité et certains postes doublonnés  pour pouvoir faire progresser les femmes dans les rédactions, le rapport épluche les solutions possibles, expérience à l’appui. Et il invite à se choisir des indicateurs prioritaires à mettre en oeuvre :

20 recommandations

… sont faites aux éditeurs et à la profession, dont, notamment :

  • Introduire des quotas de femmes aux postes décisionnaires et à responsabilités éditoriales.
  • Mettre en œuvre un principe d’éga-conditionnalité via un système progressif de bonus-malus portant sur les aides à la presse.
  • Rédiger des fiches de poste claires qui intègrent l’ensemble des compétences attendues et qui définissent des horaires de travail très précis, pour lutter contre les refus de promotions de la part des femmes

  • Se doter de systèmes de comptage, informatisés si possible, sur la composition des rédactions, ainsi que sur les articles publiés dans la presse
  • Se doter d’un poste de gender editor, responsable de la mise en œuvre d’un certain nombre d’outils (chartes internes, outil de comptage, utilisation du site Les Expertes) et vigie d’un traitement plus égalitaire de l’information.

    Inciter à la création de réseaux internes de journalistes engagés pour l’égalité, en charge de veiller au respect du traitement égalitaire de l’actualité et à la visibilisation des femmes dans les contenus.

    Féminiser les titres et les fonctions de l’ensemble des collaboratrices des entreprises de presse.

  • Favoriser la mise en place de formations sur l’égalité professionnelle et sur les violences sexistes et sexuelles dans les rédactions et écoles de journalisme.
  • Créer un « Observatoire de l’égalité dans la presse » pour récolter les données et accompagner les entreprises de presse dans leur marche vers l’égalité.

 

 

Chaque 8 du mois la CFDT-Journalistes promeut un combat à mener pour  la place des femmes dans les médias ou fait connaitre des ressources pour mieux connaitre ces questions. Retrouvez tous nos « 8 du mois ».

 

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