Salaires en Presse quotidienne départementale : on reste au ras des pâquerettes

S’il est bien une branche laissée en déshérence par les patrons depuis des années, c’est celle de la presse quotidienne départementale pour laquelle, les barèmes de salaires ne sont absolument plus d’actualité, rattrapés par les hausses successives du SMIC et du coût de la vie.

C’est ainsi que l’ensemble de la grille des employés, de l’indice 100 (Garçon de bureau, manutentionnaire ou magasinier) à l’indice 160 (secrétaire de direction) sont largement sous le SMIC, qui est de 1 678,95 € brut. C’est la même chose pour les ouvriers travaillant de jour, tandis que ceux travaillant la nuit passent le smic de quelques euros seulement (1 681,72 €). Deux des trois niveaux des cadres sont également sous le SMIC, seuls les bénéficiaires de l’indice 138 devant être gratifiés de 1 839,76 € brut.

Face à ce désastre, la grille des journalistes fait encore figure à peu près convenable, avec cependant deux échelons, pour les journalistes stagiaires, sous le SMIC. Mais tout cela reste assez peu flamboyant si on considère que depuis février 2018, date de la dernière hausse (modeste) des salaires conventionnels de 0,4%, un journaliste polyvalent (indice 120) émarge à 1 960,78 € brut quand un secrétaire de rédaction (indice 140) est à 2 287,57 € brut…

Il est donc plus que temps de revoir les grilles comme les définitions de fonction, souvent obsolètes. Un chantier que le syndicat de la PQD semble vouloir ouvrir, mais va-t-il y mettre réellement les moyens ? Au terme de la NAO 2022, mercredi 21 septembre 2022, la seule proposition qui est faite par la partie patronale, qui invoque une situation délicate pour les quotidiens départementaux, surtout en Outre-Mer, est de ramener l’ensemble des salaires sous le SMIC au montant du SMIC + 1%, sans aucune augmentation pour les échelons situés au-dessus de ces montants.

Autant dire que cette proposition a été accueillie plutôt fraichement par la partie syndicale. Lors du tour de table, la CFDT a ainsi posé des jalons pour la future refonte des grilles : pas de salaire en dessous de 2000 € brut pour les journalistes et employés qualifiés et la construction d’une grille progressive, qui permette à chaque salarié de la PQD de pouvoir évoluer tout au long de sa carrière.

Retrouvez les barèmes des salaires par branche

 

Les actualités

  • Liberté d’informer : Julian Assange doit être libéré !

    La décision était attendue par les défenseurs des libertés. Ce lundi 4 janvier 2021, la justice britannique a refusé d’extrader Julian Assange vers les Etats-Unis. C’est une victoire pour le fondateur de Wikileaks et pour tous les défenseurs de la liberté d’informer et d’être informé. Incarcéré à la prison de Belmarsh, au sud-est de Londres, depuis…

  • Reportages en Grande-Bretagne : l’ambassade ne reconnaît pas la carte de presse française

    Plusieurs journalistes ayant prévu de se rendre très prochainement en Grande-Bretagne en sont encore estomaqués. L’ambassade du Royaume-Uni en France les a en effet informés que leur carte de presse nationale, délivrée par la CCIJP, ne convenait pas pour échapper à la quarantaine imposée aux voyageurs à l’entrée du pays, mais que pour cela, il…

  • Avec CFDT journalistes pour relever les défis

    Voici la motion adoptée à l’issue de l’assemblée générale des Journalistes CFDT qui s’est tenue en visioconférence les 10 et 11 décembre 2020. A l’issue des travaux, un nouveau Conseil national et un nouveau bureau ont été élus.   Pas si facile d’être journaliste en 2020 ! Crise sanitaire, crise démocratique, crise économique, les journalistes…

  • Lyon, intersyndicale : « Cette profession, que l’on dit parfois difficile à mobiliser, s’est levée »

    Mardi 24 novembre, 3000 à 4000 personnes ont manifesté à Lyon devant l’ancien Palais de justice. L’intersyndicale des journalistes a ouvert le rassemblement avec une prise de parole à cinq voix, que nous partageons ici en intégralité. Chers amis et camarades, Paris, Saint-Etienne, Villefranche-sur-Saône, Clermont-Ferrand, Roanne, Annecy, Marseille, Lille, Montpellier, Toulouse, Rennes, Rouen, Niort, Brest,…

  • Fédérations européenne/internationale des journalistes : « La France piétine la liberté de la presse »

    Alors que le vote en première lecture de la loi “Sécurité globale” a réuni une majorité à l’Assemblée nationale en France, ce mercredi 24 novembre 2020, les Fédérations internationale et européenne des journalistes (FIJ-FEJ) exigent du Premier ministre français, Jean Castex, le retrait de trois articles de ce texte, et appellent les journalistes et les…