Toulon : soutien au journaliste d’investigation Simon Fontvieille

Communiqué SNJ-CGT et CFDT-Journalistes :

Vendredi 16 mai, Hubert Falco, ancien ministre et ancien maire LR de Toulon de 2001 à 2023, sera jugé pour « injure publique » par le tribunal correctionnel de Toulon. Le 28 août 2023 il a en effet traité notre confrère, le journaliste d’investigation Simon Fontvieille, de « chien galeux » et de « connard », avant de menacer de l’« emplâtrer ». Des insultes et menaces prononcées devant de nombreux élus, officiels et fonctionnaires d’État. Simon Fontvieille avait simplement pris en photo Hubert Falco à l’occasion d’une cérémonie publique, à laquelle notre confrère s’était rendu pour documenter l’évolution de la vie politique du Var.

Simon Fontvieille décrypte la vie publique varoise depuis 2016. D’abord comme rédacteur au quotidien régional Var-Matin, puis comme journaliste pigiste pour Le Monde diplomatique ou encore Mediapart. Ses enquêtes ont mis à nu ce qui est localement appelé le « système Falco ».

L’ancien maire a été condamné en appel pour recel de détournement de fonds publics, dans l’affaire dite du « frigo de Falco », à 18 mois de prison avec sursis et à cinq ans d’inéligibilité (lire ici).

Si les révélations du journaliste n’ont jamais fait l’objet de poursuites, les insultes d’août 2023 ne sont que le dernier développement d’une série de menaces et d’insultes que subit notre confrère de la part d’Hubert Falco et de ses proches depuis des années. Pour n’en citer que quelques-unes, en février 2020, dans un courrier adressé à la rédaction en chef du Monde diplomatique, l’avocat de l’ancien maire adresse des menaces à peine voilées : « Lorsque l’on emprunte un chemin aussi scabreux, on fait forcément de mauvaises rencontres. ». En avril 2023, Hubert Falco condamné par le tribunal correctionnel pour recel de détournement de fonds publics lance à notre confrère, qui lui demande s’il compte faire appel du jugement : « Dégage, ordure ! »

Le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes apportent leur soutien à Simon Fontvieille, ainsi qu’à tous les journalistes qui ont le courage de porter plainte pour de tels faits. Au-delà de ce journaliste, c’est le rôle central du journalisme comme contre-pouvoir indispensable au bon fonctionnement de nos institutions qui est en question.

La liberté de la presse et l’indépendance des journalistes, principes fondamentaux de notre démocratie, doivent être respectées, y compris par les personnes qui font l’objet de leurs enquêtes.

Le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes vous invitent à venir exprimer votre soutien à Simon Fontvieille, vendredi 16 mai, dès 8h30, devant le tribunal correctionnel de Toulon.

Paris, le 13 mai 2025.

Les actualités

  • Grande commande photo : la réponse du Ministère

    La CFDT-Journalistes n’a pas été entendue par le Ministère de la Culture dans sa demande de faire le point de manière transparente sur la Grande commande photo. Nous réitérons nos demandes. Parmi les mesures du  plan de soutien à la filière presse annoncé en août 2020 figurait un fonds de lutte contre la précarité, qui…

  • S’abonner à un titre de presse peut amener une réduction d’impôt

    Cette aide à la presse lancée au moment de la crise sanitaire en 2021 est passée assez inaperçue, et pourtant elle peut profiter à tous ceux ayant des revenus modestes : un crédit d’impôt de 30% pour un abonnement à la presse. Faites passer l’info, si cela peut lever certains freins à l’abonnement payant. Ce…

  • En forte progression chez Bayard Presse, la CFDT passe en tête chez les journalistes

    Aux élections au CSE de Bayard Presse, la CFDT en est forte progression dans l’ensemble des collèges et prend même la tête chez les journalistes, passant de 40 à 54 %. Chez les cadres, la CFDT est deuxième sur le papier, mais dans les faits se retrouve première avec trois élus titulaires et trois suppléants élus ;…

  • Droits voisins : pour les syndicats de journalistes, sans accord de branche pas de répartition équitable possible 

    C’est par l’envoi de trois courriers qui se ressemblent beaucoup que les éditeurs de l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) ferment la porte aux négociations de branche pour ce qui concerne le droit voisin en presse quotidienne nationale, presse quotidienne régionale et presse quotidienne départementale. Contrairement à ce qu’ils affirment, la loi n’impose pas…

  • Revigorantes 48h de la pige : notre récit !

    Liberté. Légalité. Solidarité. La devise de la 11è édition des 48h de la pige, les 16 et 17 juin à Nantes, a donné le ton à cet événement national, organisé par l’association Profession : Pigiste, et dont la CFDT-Journalistes était partenaire. 200 pigistes venus de toute la France s’informer sur leurs droits, se ressourcer au…