LFI : Le libre accès des journalistes est un enjeu démocratique

Communiqué intersyndical SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes

A l’occasion d’une réunion publique à Lyon le 26 février, retransmise en direct sur BFM-TV, Jean-Luc Mélenchon a réitéré sa volonté de choisir les médias qu’il invite, ou non, à des conférences de presse.

Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes rappellent avec force un des principes de la Déclaration des droits et devoirs des journalistes, dite Charte de Munich : « Les journalistes revendiquent le libre accès à toutes les sources d’information et le droit d’enquêter librement sur tous les faits qui conditionnent la vie publique. »

Un tel principe doit justement permettre à tous les médias, quelle que soit leur taille, leur support et leur ligne éditoriale, de traiter de sujets d’intérêt général. C’est également un gage de pluralisme seul à même d’informer correctement les citoyennes et les citoyens pour concourir au bon fonctionnement démocratique. Refuser la présence à une conférence de presse de nombreux journalistes professionnels, en les renvoyant vers un lien Youtube, est une restriction de l’accès à l’information.

Les limites de la loi

Les médias ne sont évidemment pas exempts de critiques. Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes manquent rarement l’occasion d’en émettre, à la fois pour la qualité de l’information et parce que celle-ci est bien souvent liée aux moyens et aux conditions de travail des rédactions que nous défendons au quotidien. Ces syndicats défendent l’exercice du droit d’informer, dont le cadre est rappelé par le Conseil de l’Europe, et par conséquent dénoncent les atteintes à la liberté d’expression et à la liberté des médias, y compris ceux diffusés en ligne, sans distinction.

En France, la liberté d’expression a des limites : celles définies par la loi. Les personnalités publiques, comme tout citoyen, peuvent saisir la justice si elles estiment que ces limites ont été franchies. Il n’est par contre pas acceptable de s’en prendre (quasi) nommément à un journaliste en public, en particulier quand cette profession est la cible de menaces graves et récurrentes.

Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes rappellent enfin que les syndicats de journalistes ne sont pas la « suite dorée de la bourgeoisie ». Ce sont des organisations de militantes et de militants qui prennent parfois des risques pour défendre tous les jours, au plus près du terrain et dans tous types d’entreprises, leurs consœurs et confrères postés ou rémunérés à la pige, mensualisés ou précaires. Cela passe notamment par la nécessité de faire respecter la loi pour les salariés, de lutter contre le recours à l’auto-entreprenariat, de garantir l’indépendance des rédactions et de s’opposer à la concentration des médias.

Paris, le 27 février 2026

Les actualités

  • Communiqué. Le journaliste syrien Hussam Hammoud doit être protégé

    Le journaliste syrien Hussam Hammoud a appris lundi que sa demande de visa humanitaire avait été refusée par la France. Il travaille sur des sujets cruciaux, comme le terrorisme pour plusieurs médias français. Sa vie est aujourd’hui menacée en Turquie et en Syrie. Syndicats et sociétés de journalistes attendent que les autorités reviennent sur leur…

  • Faites passer cette vidéo de personnalités et d’anonymes pour la libération d’Olivier Dubois !

    Au 500ème jour de captivité de notre confrère journaliste pigiste Olivier Dubois, correspondant au Mali de Libération, le Point Afrique et Jeune Afrique, la CFDT-Journalistes participe à une vidéo d’une trentaine d’acteurs de la profession, de militants des droits et des proches d’Olivier, pour demander sa libération. Que cet appel soit entendu par tous ceux…

  • 500 jours de captivité d’Olivier Dubois : lettre intersyndicale à Catherine Colonna

    Notre confrère Olivier Dubois est otage au Mali depuis presque 500 jours. La CFDT-Journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT et le SGJ-FO ont écrit conjointement ce jour à la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna pour demander que tous les efforts soient faits pour sa libération. Communiqué à télécharger   A l’attention de Mme Catherine COLONNA…

  • Couvrir la guerre (1) : « C’était la première fois que j’étais pris sous le feu des bombes »

    Grand reporter à France 24 et journaliste depuis seize ans, Tarek Kai, 40 ans, a effectué deux reportages en février et en avril derniers pour raconter la guerre en Ukraine. Il explique combien les témoignages de ceux qui fuyaient les combats l’ont marqué et combien la préparation et les règles de sécurité sont essentielles pour…

  • Couvrir la guerre (3) : « A Moscou, le couperet peut tomber »

    Travailler comme journaliste en Russie s’est encore complexifié depuis le début de la guerre en Ukraine. Pour les journalistes Russes, mais aussi pour les journalistes du monde entier correspondants en Russie pour les médias de leurs pays. Benjamin Quénelle, français, correspondant à la pige des quotidiens  nationaux français La Croix et Les Echos, raconte sa position…