Le journaliste tunisien Zied El-Heni doit être libéré immédiatement

Communiqué intersyndical SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO

Le Syndicat national des journalistes (SNJ), le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le Syndicat général des journalistes FO (SGJ-FO), membres de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), expriment leur plus vive indignation face à l’acharnement judiciaire subi par le journaliste tunisien Zied El-Heni, rédacteur en chef du média en ligne Tunisian Press. Figure historique de la presse tunisienne, âgé de 62 ans, il est détenu depuis le 24 avril 2026 pour avoir simplement défendu le secret de ses sources.

Zied El-Heni doit comparaître le 25 septembre 2026 devant le pôle judiciaire antiterroriste dans l’affaire des « Audio Leaks ». Convoqué initialement comme témoin après un travail de vérification pour une émission radio, il a exigé un mandat avant de confier son téléphone : cette demande de garantie juridique a suffi à requalifier son statut en « suspect ». Il est désormais poursuivi pour « constitution d’organisation terroriste » et « transmission d’informations au profit d’un organisation terroriste ». Ces charges de terrorisme sont en réalité des représailles contre la protection des sources, consacrée par l’article 7 de la Charte mondiale d’éthique des journalistes. Zied El-Heni risque une lourde peine de prison.

Cet emprisonnement intervient alors que la liberté de la presse s’est effondrée en Tunisie, avec la multiplication des poursuites contre les journalistes, les pressions exercées sur les médias, la dégradation des conditions de travail et le recul des libertés publiques. Quatre journalistes sont actuellement incarcérés en Tunisie : Mourad Zeghidi, Borhen Bsaies, Mohamed Yousfi, et donc Zied El-Heni.

Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et le SGJ-FO réaffirment leur totale solidarité avec Zied El-Heni, sa famille et l’ensemble des consœurs et confrères tunisiens. Ils s’associent au Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), également membre de la FIJ, et exigent sa libération immédiate et l’abandon de toutes les poursuites contre lui.

Paris, le 24 septembre 2026

Les actualités

  • Communiqué. Le journaliste syrien Hussam Hammoud doit être protégé

    Le journaliste syrien Hussam Hammoud a appris lundi que sa demande de visa humanitaire avait été refusée par la France. Il travaille sur des sujets cruciaux, comme le terrorisme pour plusieurs médias français. Sa vie est aujourd’hui menacée en Turquie et en Syrie. Syndicats et sociétés de journalistes attendent que les autorités reviennent sur leur…

  • Faites passer cette vidéo de personnalités et d’anonymes pour la libération d’Olivier Dubois !

    Au 500ème jour de captivité de notre confrère journaliste pigiste Olivier Dubois, correspondant au Mali de Libération, le Point Afrique et Jeune Afrique, la CFDT-Journalistes participe à une vidéo d’une trentaine d’acteurs de la profession, de militants des droits et des proches d’Olivier, pour demander sa libération. Que cet appel soit entendu par tous ceux…

  • 500 jours de captivité d’Olivier Dubois : lettre intersyndicale à Catherine Colonna

    Notre confrère Olivier Dubois est otage au Mali depuis presque 500 jours. La CFDT-Journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT et le SGJ-FO ont écrit conjointement ce jour à la ministre des Affaires étrangères Catherine Colonna pour demander que tous les efforts soient faits pour sa libération. Communiqué à télécharger   A l’attention de Mme Catherine COLONNA…

  • Couvrir la guerre (1) : « C’était la première fois que j’étais pris sous le feu des bombes »

    Grand reporter à France 24 et journaliste depuis seize ans, Tarek Kai, 40 ans, a effectué deux reportages en février et en avril derniers pour raconter la guerre en Ukraine. Il explique combien les témoignages de ceux qui fuyaient les combats l’ont marqué et combien la préparation et les règles de sécurité sont essentielles pour…

  • Couvrir la guerre (3) : « A Moscou, le couperet peut tomber »

    Travailler comme journaliste en Russie s’est encore complexifié depuis le début de la guerre en Ukraine. Pour les journalistes Russes, mais aussi pour les journalistes du monde entier correspondants en Russie pour les médias de leurs pays. Benjamin Quénelle, français, correspondant à la pige des quotidiens  nationaux français La Croix et Les Echos, raconte sa position…