Recours contre la censure : les syndicats de journalistes et la FIJ aux côtés de Mediapart

Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) se portent, ce vendredi 25 novembre 2022, intervenants volontaires aux côtés de Mediapart.
Le site d’information en ligne demandera en effet aujourd’hui devant le tribunal judiciaire de Paris l’annulation de l’interdiction de publier de nouvelles révélations sur Gaël Perdriau, le maire de Saint-Etienne.
Me William Bourdon défendra la liberté d’informer et d’être informé au nom du SNJ, du SNJ-CGT, de la CFDT-Journalistes et de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Une mesure de censure préalable

Après une longue investigation, Mediapart a publié le 26 août et le 12 septembre une enquête qui démontre que le maire de Saint-Etienne, en possession d’une « sextape », s’est livré à un chantage politique contre son premier adjoint, Gilles Artigues. Ces révélations ont entraîné une enquête préliminaire du Parquet de Lyon. En revanche, les articles de Mediapart n’ont fait l’objet d’aucune poursuite.
Mediapart, qui a poursuivi son travail d’enquête, s’apprêtait à publier un nouvel article faisant état d’accusations portées par Gaël Perdriau à l’encontre de Laurent Wauquiez dans une conversation enregistrée. Le site en a été empêché le 18 novembre par une ordonnance du tribunal judiciaire de Paris, saisi par le maire de Saint-Etienne, pour une supposée « atteinte à la vie privée ».
Cette véritable mesure de censure préalable constitue une première très inquiétante pour la liberté d’informer et d’être informé, d’autant qu’elle vient quelques semaines après une interdiction prononcée par un tribunal de commerce à l’encontre du site Reflets.info de publier de nouvelles révélations sur Patrick Drahi et son groupe, Altice. Le site en fait appel. L’audience, renvoyée le 23 novembre, se tiendra le 30 novembre devant la Cour d’appel de Versailles.
L’ordonnance à l’encontre de Mediapart, rendue sans débat contradictoire, a, à juste titre, soulevé les protestations des organisations syndicales de journalistes et d’un grand nombre de sociétés et collectifs de journalistes et de médias.
En se portant intervenants volontaires, le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes et la FIJ défendent les droits fondamentaux des journalistes, aussi et surtout le droit des citoyennes et des citoyens à être informé, droit constitutionnel.
Nous ne pouvons imaginer d’autre décision que la rétractation de cette ordonnance liberticide.
Paris, le 25 novembre 2022.

Le 8 octobre, les journalistes mobilisés pour soutenir Julian Assange

CFDT Journalistes, membre de la Fédération internationale des journalistes, appelle les journalistes et défenseurs des libertés à rejoindre les manifestations organisées ce samedi 8 octobre pour la libération et l’accueil en France de Julian Assange.

Cela fait maintenant 12 ans que le lanceur d’alerte Australien subit le courroux de Washington pour avoir a publié des documents accablants sur les États-Unis, obtenus grâce à une lanceuse d’alerte issue de l’US Army.

C’est donc pour avoir rempli sa mission de journaliste et révélé des informations d’intérêt public que Julian Assange est depuis pourchassé et privé de liberté. Au Royaume-Uni, il a subi une année en résidence surveillée avec un bracelet électronique, puis a passé sept ans comme réfugié politique dans les locaux de l’ambassade d’Équateur à Londres. Depuis trois ans, il se trouve dans la prison de haute sécurité de Belmarsh. Il risque toujours d’être extradé vers les États-Unis ou il encourt jusqu’à 175 ans de prison !

Le 8 octobre, à 13 heures, une chaîne humaine encerclera les chambres du Parlement à Londres, au Royaume-Uni, pour s’opposer à l’extradition de Julian Assange. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) appelle les syndicats de journalistes, les organisations de liberté de la presse et les journalistes à se mobiliser et à exprimer leur solidarité. A Paris, un rassemblement devrait se tenir à 14 heures à côté de la réplique de la statue de la Liberté sur l’île aux Cygnes, sous le pont de Grenelle, dans le 15e arrondissement.

Communiqué. Le journaliste syrien Hussam Hammoud doit être protégé

Le journaliste syrien Hussam Hammoud a appris lundi que sa demande de visa humanitaire avait été refusée par la France. Il travaille sur des sujets cruciaux, comme le terrorisme pour plusieurs médias français. Sa vie est aujourd’hui menacée en Turquie et en Syrie. Syndicats et sociétés de journalistes attendent que les autorités reviennent sur leur décision.

Depuis des années, le journaliste syrien Hussam Hammoud collabore avec des médias français et étrangers, dont Radio France, Mediapart, Le Monde, France 24, The Guardian ou la BBC. Il a signé des enquêtes remarquées sur le terrorisme et les crimes de Daech, organisation contre laquelle il a toujours lutté, et a dû fuir Raqqa en urgence, en octobre 2019, après le retrait de la coalition internationale de cette zone. Il est depuis réfugié en Turquie, où il a poursuivi son travail de journaliste, notamment sur les financements de l’Etat Islamique. Et où il est à nouveau menacé par des groupes terroristes.

Lundi 5 septembre, Hussam Hammoud s’est vu refuser sa demande de visa humanitaire par la France dans un mail type lapidaire. Il espérait, si celle-ci avait été acceptée comme ce fut le cas pour d’autres journalistes syriens, pouvoir demander l’asile et mettre à l’abri sa famille. A 30 ans, il estime que sa vie et ses rêves sont « détruits ». Lui refuser ce visa, c’est le maintenir sous la menace des groupes armés et mettre sa vie en péril.

Au printemps 2019, il a fourni, avec l’aide de la journaliste française Céline Martelet, des documents inédits sur Daech au Parquet national antiterroriste français, qui a alors reconnu « un travail très important ». Comme des milliers de réfugiés syriens en Turquie, Hussam Hammoud risque l’expulsion vers la Syrie, où la mort l’attend – il a d’ailleurs déjà été torturé par des djihadistes étrangers.

La France ne peut rester silencieuse et indifférente à son sort, alors qu’elle a le pouvoir d’agir et de protéger un journaliste qui a risqué sa vie pour informer nos concitoyens, et qui est aujourd’hui plus que jamais menacé en raison du métier qu’il exerce. En 2021, déjà, le journaliste afghan Elyaas Ehsas avait frôlé l’expulsion (vers la Suède) car la France refusait d’étudier sa demande de protection, alors que ses proches avaient été évacués par les autorités françaises après la chute de Kaboul. Après des mois de clandestinité et de mobilisation, il avait finalement été autorisé à déposer sa demande d’asile en France.

Nous, syndicats et sociétés de journalistes signataires de cet appel,demandons instamment augouvernement, et en particulier aux ministères de l’Intérieur et de la Culture, d’accorder un visa humanitaire à Hussam Hammoud, au nom de la liberté d’informer et d’être informé, piliers de notre démocratie, et d’accorder à Hussam Hammoud la reconnaissance élémentaire pour son concours à la défense de nos valeurs et de notre sécurité.

N’abandonnons pas un journaliste ainsi exposé en Turquie, qui peut à tout moment le remettre aux autorités d’un pays qu’il a quitté parce qu’il y était menacé de mort. Notre État de droit ne peut se permettre une telle indignité.

Communiqué : Le journaliste Frédéric Leclerc-Imhoff (BFMTV) tué en reportage en Ukraine

Les organisations syndicales de journalistes SNJ – SNJ-CGT – CFDT-journalistes – SGJ-FO ont appris avec douleur la mort de leur confrère Frédéric Leclerc-Imhoff, tué ce lundi 30 mai en Ukraine.

Ils présentent leurs plus sincères condoléances à sa famille et ses amis, et partagent l’immense peine des collègues de Frédéric.

Journaliste reporter d’images, Frédéric Leclerc-Imhoff, âgé de 32 ans, travaillait pour la rédaction de BFMTV en tant que pigiste. Envoyé spécial en Ukraine sous contrat CDD, il effectuait un reportage dans la région de Severodonetsk quand il a été mortellement touché par un éclat d’obus. Il était accompagné par notre confrère Maxime Brandstaetter, qui travaille pour la même rédaction, et par Oksana Leuta, leur fixeuse. Maxime Brandstaetter a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger.

Les syndicats SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes – SGJ-FO exigent que les autorités mettent tout en oeuvre pour éclaircir au plus vite les circonstances précises de ce drame.

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, en février, au moins 8 journalistes ont été tués en reportage. Cette spirale meurtrière contre les professionnels de l’information est insoutenable.

Réunis au 31e congrès mondial de la Fédération internationale des journalistes (FIJ) à Mascate (Oman) du 31 mai au 3 juin, le SNJ – SNJ-CGT – CFDT-Journalistes et SGJ-FO demandent donc de soutenir le projet de convention internationale des Nations Unies pour la protection des journalistes et des professionnels des médias, présenté par la FIJ, forte de ses 600 000 adhérents dans 150 pays.

Les auteurs des crimes qui visent des reporters de guerre ne peuvent rester
impunis.

Paris, le 30 mai 2022.

Mobilisation le 28 juin pour la défense de l’audiovisuel public

A l’appel de l’intersyndicale CFDT, CGT, FO et SNJ, l’ensemble des salariés de l’audiovisuel public sont invités à cesser le travail à partir du 28 juin 2022 à minuit pour de 24 heures afin de « sauver l’audiovisuel public ».

La suppression de la redevance, « seul mode de financement pérenne garantissant l’indépendance de l’audiovisuel public » selon les syndicats, fait planer sur ce secteur des menaces sérieuses : privatisation de France 2, fusions France 3 / France Bleu, filialisation de La Fabrique, fusions suivies de licenciements sont ainsi parmi les hypothèses sur la table, menaçant la diversité culturelle et le pluralisme dans notre pays.

L’enjeu est considérable et « la perspective du démantèlement au profit d’un secteur privé où règnerait les milliardaires des médias est insupportable (…) Les Citoyens n’ont jamais autant eu besoin d’une information indépendante et pluraliste avec des contenus qui échappent à la mainmise des plateformes mondialisées (…) Supprimer la redevance, ressource affectée, c’est précariser et paupériser l’audiovisuel public en le basculant sur le budget général de l’Etat en simple supplétif du secteur privé. »

Pour la mise en place d’une taxe universelle

Les syndicats revendiquent la mise en place d’une taxe universelle affectée à l’audiovisuel public inspirée du modèle Allemand et dont le rendement serait au moins équivalent au montant actuel de la redevance ; une indexation de cette taxe sur l’inflation assortie d’un plan pluriannuel d’évolution sur cinq ans via un Contrat d’objectifs et de moyens ; des orientations stratégiques permettant au service public de se développer plus amplement encore sur le numérique ; et un financement pour lutter contre les fake news et défendre un journalisme exigeant et indépendant, afin de protéger notre modèle démocratique.

La grève du 28 juin sera accompagnée d’un rassemblement à Paris.

Droits voisins : l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SNJ) des journalistes demande l’ouverture de négociations de branche

L’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SNJ) des journalistes vient de faire parvenir un courrier aux organisations patronales pour leur demander d’ouvrir des négociations de branche sur les droits voisins. Au-delà des négociations d’entreprises, il nous semble en effet indispensable de fixer un cadre au niveau des branches afin de permettre à l’ensemble des journalistes de percevoir la part « appropriée » et « équitable » qui leur revient.

La directive européenne 2019/790 du 17 avril 2019 et la loi 2019-775 du 24 juillet 2019 créant un droit voisin au profit des agences de presse et des éditeurs de presse précisent en effet qu’une part appropriée des sommes collectées doit être reversée aux journalistes professionnels et autres auteurs.

Cette même loi indiquait aussi que les négociations avec les journalistes devaient être engagées au plus tard six mois après sa promulgation, à savoir en janvier 2020.

Les retards enregistrés ne doivent pas être un obstacle à leur ouverture, bien au contraire. Le texte de loi adopté par le parlement français indique que les éditeurs peuvent confier leurs intérêts à une société de gestion collective. Il s’agit bien évidemment de leur permettre de présenter une capacité de négociation suffisante face aux géants du numérique. Les organisations représentatives des journalistes ont pris acte avec intérêt de l’initiative de nombreux éditeurs de créer un tel OGC avec la création de DVP dont la présidence a été confiée à Jean-Marie Cavada. Tout ceci nous semble très positif. Cependant, le parallélisme des formes aurait dû conduire le législateur à aller jusqu’au bout de cette logique et à confier également à un OGC la gestion de la part appropriée et équitable revenant aux journalistes et autres auteurs qui, toutes choses égales par ailleurs, se trouvent, vis-à-vis des éditeurs dans la même situation inégale que ceux-ci face aux GAFA.

Les organisations syndicales entendent par conséquent demander au parlement d’amender en ce sens la loi de juillet 2019 afin de corriger ce déséquilibre structurel.

En attendant, les dispositions de la loi prévoyant des négociations au niveau de l’entreprise ne permettent pas de répondre aux objections formulées ci-dessus. C’est pourquoi CFDT-Journalistes, SGJ-FO, SNJ-CGT et SNJ demandent l’ouverture de discussions de branches afin de trouver un accord au plan national en fonction des formes de presse permettant de garantir aux journalistes, la part du droit voisin qui leur revient, sera effectivement « appropriée et équitable », même dans les petites publications dépourvues de représentation syndicale, voire d’IRP.

Cela permettra également de ne pas léser les auteurs les plus précaires, tels les journalistes pigistes multi-employeurs ou les correspondants locaux de presse, qui fournissent une part importante des contenus.

Cet accord de branche devra établir le cadre et le mécanisme de la répartition, notamment en validant le principe de la rémunération proportionnelle, seule à répondre à la définition légale, s’agissant de sommes par nature évolutives et dont la loi fait obligation aux géants du numérique d’assurer une information transparente à l’égard des éditeurs, ainsi qu’à ces derniers à l’égard des journalistes et autres auteurs.

Twitter « étiquette » les journalistes sur leur compte personnel, à qui le tour ?

Communiqué intersyndical SNJ – SNJ-CGT – CFDT

Double peine pour les journalistes de RT France. Alors que leur entreprise est interdite d’émettre et qu’ils savent leur emploi en danger, ils ont vu leur compte personnel Twitter estampillé « Média affilié à la Russie », sur la seule décision de Twitter. Aucune possibilité pour elles et eux de s’y opposer ou même d’obtenir des explications de la part de Twitter.

D’anciens journalistes de RT France, ayant parfois quitté l’entreprise il y a des mois, ont été traités de la même manière.

L’ensemble de la profession concernée

Alors que les journalistes de RT France sont déjà la cible de menaces de mort et d’insultes, cette étiquette collée d’autorité par Twitter les désigne encore plus distinctement et les met davantage en danger. Si les auteurs des menaces passent à l’acte, la responsabilité de Twitter sera engagée.

Que Twitter se réserve la possibilité de marquer au fer rouge des journalistes est inquiétant pour ceux de RT France, mais également pour l’ensemble de la profession. 

Si cette politique se poursuit, tout un chacun pourrait se retrouver affilié, sur son compte personnel et contre son gré, d’un commentaire en rapport avec le média pour lequel il travaille, les sujets qu’il a pu traiter, les idées qu’il a pu y défendre…

Un fichage et un affichage qui s’apparentent à une stigmatisation particulièrement grave sur un réseau social où les échanges peuvent être violents.

Twitter n’en est pas à sa première décision arbitraire. Des comptes, dont ceux de journalistes ou de syndicats de journalistes, ont déjà été suspendus sans aucune explication ni excuses et réactivés au prix de longues démarches.

Alors que le secrétaire d’Etat en charge de la transition numérique, Cédric O, ne « veut pas s’apitoyer » sur le sort des journalistes de RT France, il devrait a minima se poser la question de la liberté des utilisateurs de Twitter de ne pas être désignés à la vindicte populaire.

 

Le journaliste afghan Elyaas Ehsas enfin reconnu « réfugié » en France !

Sept ans après avoir dû fuir son pays, le journaliste afghan Elyaas Ehsas obtient enfin l’asile en France et peut désormais envisager d’y reconstruire sa vie.

« J’ai reçu hier une réponse positive de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides, NDLR). Je suis officiellement réfugié en France. Je ressens une joie immense, et, après tout ce temps d’attente et d’inquiétude, un incroyable sentiment de tranquillité. Le cauchemar est terminé, et c’est à vous, amis, collègues, soutiens, que je dois ça. »

En 2015, le jeune journaliste, membre de l’ethnie Hazara, honnie par les talibans, est menacé de mort pour ses reportages et notamment pour avoir qualifié les talibans de « terroristes ».

Les appels téléphoniques des islamistes étant de plus en plus inquiétants, il quitte alors Kaboul pour l’Europe, traversant,souvent à pied, le Pakistan, l’Iran, la Turquie, la Grèce, pour arriver en Suède au bout de deux mois. Elyaas Ehsas a finalement gagné la France en 2020. Mais, en raison des accords de Dublin, l’Hexagone a refusé de lui accorder asile, puisqu’il avait déjà formulé une première demande en Suède, qui lui avait cependant été refusée.

Bras de fer

S’ensuit alors un bras de fer avec la préfecture de police et le ministère de l’Intérieur. Se sentant menacé, le journaliste est contraint de se cacher. Il redoutait que la France l’expulse vers la Suède, d’où il aurait été renvoyé vers l’Afghanistan, le conduisant vers une mort certaine.

Durant des mois, le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes, la Fédération internationale des journalistes et l’avocat d’Elyaas ont fait pression à tous niveaux pour qu’Elyaas obtienne le statut de réfugié. Le ministère de l’Intérieur a finalement accepté de réexaminer son dossier, à la demande
notamment de plusieurs parlementaires.

Le SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes, membres de la FIJ, se félicitent de ce dénouement, qui a néanmoins nécessité une obstination de tous les instants d’Elyaas Ehsas.

Nous espérons qu’il pourra bâtir son avenir professionnel en France. Mais nous n’oublions pas pour autant le sort de nos consœurs et confrères afghans. Celles et ceux qui ont dû s’exiler en France doivent bénéficier de l’asile politique. Et avec la FIJ, nous demandons instamment aux autorités
françaises de rapatrier les journalistes qui, traqués au quotidien par les talibans – tout particulièrement nos consœurs – aspirent à quitter en urgence l’Afghanistan. Leur vie en dépend.

Paris, le 3 février 2022.

Droit voisin : les syndicats de journalistes demandent une rémunération encadrée par la gestion collective

Dans un communiqué commun, CFDT-Journalistes, SGJ-FO, SNJ et SNJ-CGT demandent une rémunération encadrée par la gestion collective à « part équitable ». Pour CFDT-Journalistes, ce ne sont pas dans les entreprises que devront être négociées les conditions de rémunération, mais bien au niveau des branches professionnelles. Voici le communiqué :

La loi de juillet 2019 instituant un droit voisin au profit des éditeurs et des agences de presse prévoit qu’une « part appropriée et équitable » des sommes collectées soit reversée aux journalistes.

Alors que la loi offre aux éditeurs la possibilité de se regrouper au sein d’un organisme de gestion collective (OGC), face à la force de frappe représentée par les GAFAM, rien de tel n’est prévu pour les journalistes.

Les éditeurs ont, à juste titre, mis à profit ces dispositions, pour mettre sur pied un tel OGC dont la direction a été confiée à Jean-Marie Cavada. Les organisations syndicales représentatives de journalistes – SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes et SGJ-FO – considèrent que l’efficacité, tout comme l’équité, commandent que symétriquement, la part revenant aux journalistes soit collectée et répartie par un OGC comparable.

Cet organisme existe et travaille avec les journalistes depuis plusieurs décennies, assurant déjà la gestion collective des droits de près de 15 000 journalistes : c’est la Scam (Société civile des auteurs multimédia).

C’est pourquoi nous demandons que la gestion de la part des droits voisins revenant aux journalistes soit confiée à celle-ci et qu’il nous apparaît essentiel, dès à présent, de faire part de cette position collective et unitaire aux organisations patronales de la presse ainsi qu’aux autorités concernées, gouvernement et Parlement.

Paris, le 14 janvier 2022.

Procès de Tarascon : la justice doit considérer les violences contre les journalistes comme des délits

CFDT-Journalistes, le SNJ et le SNJ-CGT étaient, lundi 20 décembre 2021, parties civiles au procès de l’agriculteur ayant agressé des journalistes lors d’un reportage.

Le prévenu, un gros exploitant local, répondait devant le tribunal de police de Tarascon de « violences légères » envers une équipe de reporters du magazine de France 2 Envoyé Spécial qui enquêtaient sur l’exploitation de travailleurs saisonniers dans le sud de la France en 2020.

Reporters d’Envoyé Spécial agressés par un propriétaire terrien : les syndicats de journalistes parties civiles au procès

A l’audience, le prévenu a refusé obstinément de reconnaître des violences pourtant filmées par les journalistes victimes et ne s’est pas excusé, expliquant son geste par un accès  « de colère » !

Son avocat a comparé les faits à d’autres violences légères comme celles qui consistent « à arroser une personne avec un tuyau d’arrosage » ou  « ébouriffer quelqu’un sans son consentement (sic) ».

Le président du tribunal, qui a visionné les images du reportage d’Envoyé Spécial  a, lui, donné une tout autre vision de l’agression, la décrivant comme « violente tant physiquement que verbalement. Si vous vouliez faire peur aux journalistes, et bien vous avez réussi votre coup, ils ont eu très peur », a t’il estimé.

Ne plus tolérer de tels actes de violence

Pour le représentant du ministère public, qui a réclamé 700 € d’amende contre l’exploitant agricole soit quasiment le maximum prévu par la loi (750€), ce dossier aurait dû être jugé devant un tribunal correctionnel car le fait de foncer sur les journalistes avec un véhicule 4X4 de 2 tonnes qui représente une arme par destination aurait pu blesser plus grièvement notre confrère.

L’avocat des syndicats de journalistes (SNJ – CFDT-Journalistes – SNJ-CGT)  a demandé au tribunal de condamner l’intéressé à 1 € symbolique et aux entiers dépens de l’instance au nom des agressions répétées contre une profession de plus en plus menacée en France et de l’atteinte intolérable faite à la liberté de la presse.

Nous syndicats de journalistes, dénonçons ces violences inadmissibles et nous demandons à la justice de les considérer comme des délits qui sont susceptibles d’être poursuivis devant un tribunal correctionnel et non comme des contraventions de simple police.

Le nombre dagressions ne cesse de croître et nous ne pouvons plus tolérer de tels actes de violence à l’égard des journalistes qui ne font que leur métier, celui dinformer et d’éclairer légitimement les citoyens.

Dans une démocratie, la liberté dinformer librement est une garantie de progrès. La bafouer, cest interdire le libre accès à une information éclairée et certifiée.

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