Reporters d’Envoyé Spécial agressés par un propriétaire terrien : les syndicats de journalistes parties civiles au procès

Communiqué CFDT-Journalistes – SNJ – SNJ-CGT du 17/12/201

                               

Le 20/12/21 à 14h sera jugé au tribunal de police de Tarascon Didier Cornille, patron influent du secteur agricole, poursuivi pour l’agression de journalistes de France 2 (Envoyé Spécial) qui enquêtaient sur ses pratiques.

Le SNJ, le SNJ-CGT, la CFDT-Journalistes apportent leur soutien à leurs confrères en se portant partie civile au procès et condamnent la banalisation de toutes les formes de violence envers les journalistes.

 

Les faits : Le 10 septembre 2020, dans la matinée, trois journalistes tournent un reportage sur les conditions de travail et de logement des salariés agricoles étrangers dans les Bouches du Rhône. Ils vont tourner des images devant le Mas de la Trésorière, un des lieux d’hébergement collectif appartenant à Didier Cornille, et loués à la société d’interim espagnole Terra Fecundis.

Peu de temps après, M. Cornille sort et fonce en voiture sur les journalistes, s’arrêtant à quelques centimètres des genoux de l’un d’entre eux. Il descend ensuite de son véhicule et se jette sur le cameraman en essayant de le frapper et de casser son matériel vidéo. Les insultes fusent et il pousse violemment une autre journaliste qui essayait de s’interposer.

 

Deux des trois journalistes de France 2 porteront plainte. La troisième, journaliste pigiste, travaillait comme fixeuse(guide-enquêtrice) et en situation de précarité, n’a pas fait ce choix, mais elle est aussi une victime.

Propriétaire de 3000 hectares entre le Gard et les Bouches du Rhône, Didier Cornille est à la tête de 20 entreprises agro-alimentaires et immobilières, plus important saladiculteur d’Europe, il est le principal client de l’entreprise d’intérim espagnole Terra Fecundis et fournisseur numéro 1 de logements pour ses intérimaires. Terra Fecundis a été lourdement condamnée en juillet dans une procédure distincte pour travail dissimulé et marchandage de main d’œuvre commis en bande organisée.

 

Les peines encourues : Didier Cornille risque seulement une faible amende dans cette affaire. Selon l’article 5-624-1 du code pénal, hors les cas de circonstances aggravantes, les violences volontaires n’ayant entraîné aucune incapacité totale de travail sont punies de l’amende prévue pour les contraventions de la 4e classe. Soit tout au plus 750 euros. Comme s’il avait payé une amende routière en retard et bien moins que s’il avait commis un simple vol.

La CFDT-Journalistes, le SNJ, le SNJ-CGT affirment leur soutien aux deux journalistes de France 2, ainsi qu’à la journaliste pigiste également victime.

Les chiffres. En France, faute de statistiques précises et en raison d’un non-dépôt de plainte systématique des confrères, il est difficile d’obtenir un chiffre précis. Cependant, si l’on croise tous les relevés effectués par les syndicats et ONG, on arrive à une centaine de faits d’agressions depuis trois ans et singulièrement depuis la séquence Loi Travail, les Gilets jaunes et les manifestations anti-passe sanitaire. En résumé, le journaliste est de plus en plus une cible tant pour la police que pour les contestataires, manifestants ou simples particuliers.

Notre revendication. Ne pas laisser se banaliser toutes formes de violence (verbales, physiques et psychologiques) vis-à-vis des journalistes est capital.
Non seulement car c’est leur mission, mais aussi parce que ce travail d’investigation est indispensable à la diffusion auprès du grand public d’informations qui dénoncent des atteintes aux droits de l’homme et à la dignité.

S’en prendre à des journalistes c’est s’opposer à la capacité des citoyens à accéder à une information éclairée. Cette violence contre les reporters est désormais partout (réseaux sociaux, meetings politiques, manifestations de rue) et elle s’accentue.

Nous, syndicats de la profession, sommes solidaires pour dire non à cette escalade dans laquelle les journalistes deviennent les cibles de tous les pouvoirs.

Dans une démocratie digne de ce nom la liberté d’informer comme toutes les libertés civiques est à la base du progrès. Les violences répétées envers les journalistes qui font leur métier sont autant inadmissibles que condamnables.

 

Contacts :

CFDT-Journalistes : journalistes@f3c.cfdt.fr et 06 08 57 70 60

SNJ-CGT : contact@snjcgt.fr et 06 08 48 67 94

SNJ : snj@snj.fr et 06 13 50 66 59

 

Lire aussi notre communiqué d’octobre et le témoignage de la journaliste pigiste fixeuse

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Soutien de la CFDT agroalimentaire des Bouches-du-Rhône

Savez-vous que la CFDT, pas journalistes mais « syndicat général agroalimentaire CFDT des Bouches-du-Rhône » est aussi très impliquée dans la défense des travailleurs agricoles de Terra Fecundis ? Et eux aussi soutiennent les journalistes de France 2 agressés. Fiers de faire partie de cette confédération qui défend tous les travailleurs ! Lire leur communiqué.

 

Soutien aux journalistes d’ « Envoyé Spécial » agressés : Pas d’entrave à ceux qui enquêtent sur l’exploitation des travailleurs agricoles !

 

En septembre 2020, des journalistes de France 2 (émission « Envoyé Spécial ») enquêtant sur les conditions de travail et de logement des ouvriers agricoles étrangers dans les Bouches-du-Rhône, ont été agressés par le dirigeant de plusieurs entreprises agricoles des Bouches du Rhône. Ce dernier sera jugé lundi 20 décembre à 14h, devant le tribunal de police de Tarascon pour violences volontaires. Trois syndicats de journalistes, dont la CFDT-Journalistes, seront partie civile.

 

La CFDT Agri-Agro apporte son soutien à ces professionnels dont le travail d’investigation et d’enquête est indispensable pour dénoncer certaines pratiques illicites.

 

La CFDT Agri-Agro estime capital que les journalistes puissent avoir les moyens d’enquêter et de rendre compte de la réalité des organisations mises en place. Et plus particulièrement encore lorsque ces pratiques tendent à défier les règles sociales et à s’entourer du plus grand silence.

 

Le syndicat général agroalimentaire CFDT des Bouches-du-Rhône (SGA CFDT 13) travaille depuis de nombreuses années à la défense de conditions de travail dignes pour les travailleurs saisonniers étrangers dans les exploitations agricoles des Bouches-du-Rhône. Il mène la bataille en justice contre les Entreprises de Travail Temporaire (ETT) qui ne respectent ni le code du travail, ni les accords conventionnels, ni le code de la santé publique. Parmi ces entreprises, plusieurs ont déjà été condamnées : Safor Temporis, Laboral Terra, Terra Fecundis (cette entreprise a changé de nom : elle s’appelle désormais Work for all). Le dirigeant incriminé est l’un des plus gros utilisateurs des services de Work for all. Il fournit aussi, contre location, des logements à Work for all.

 

De lourdes sanctions ont été prononcées en juillet contre Terra Fecundis pour travail dissimulé et marchandage de main-d’œuvre commis en bande organisée : dissolution de la société assortie d’une amende de 500.000 euros et des peines allant de trois à cinq ans d’emprisonnement avec sursis partiel ou total pour les onze prévenus, ainsi que des interdictions définitives de gérance et d’exercice dans le secteur de la prestation de service en lien avec la fourniture de main-d’œuvre assorties d’amendes allant de 3.000 à 80.000€.

 

Le SGA CFDT 13 poursuit le combat contre les pratiques de Terra Fecundis, qui comparaîtra à nouveau au printemps 2022 comme prévenue pour travail dissimulé. Lors de cette audience, des entreprises utilisatrices comparaîtront au banc des prévenus. Des salariés demanderont réparation pour leurs droits non honorés. La CFDT Agri-Agro, qui défend les droits de tous les salariés, se tiendra bien évidemment à leurs côtés.

 

Fait à Paris, le 16 décembre 2021

 

Contacts :

 

David VEYER, Secrétaire fédéral territorial : 06.83.03.06.16

Jean-Yves CONSTANTIN, SGA-CFDT 13 : 06.61.52.84.57

Presse : 06.89.04.25.27

 

FGA-CFDT : 47- 49 avenue Simon Bolivar 75950 Paris Cedex 19 – Tél. : 01 56 41 50 50 – Fax : 01 56 41 50 30 – e-mail : fga@cfdt.fr

 

 

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